De Salt Lake City à Hanna, WY, on the road again...

24 décembre 2011

On stresse pas, on verra bien... - J01

Mardi 26 Juillet 2011

     Encore un projet dont on a parlé des années avant d’arriver à le concrétiser. Et finalement, hier soir, nous étions là toutes les quatre : Lolotte, Sofy, Mp et moi, prêtes à nous envoler à nouveau pour les USA, six ans après la première expédition des ridettes. J’ai récupéré Sofy et Lolotte à la gare sans encombre, j’ai eu le temps de finir mon repassage (Oui, je repasse avant de mettre les affaires dans la valise ! So what ?), de passer à la poste, de renouveler mon abonnement SNCF, puis nous avons été toutes les quatre nous faire un petit gueuleton pour lancer l’aventure.

Pour une fois, ma valise était prête à une heure raisonnable (23h30), ce qui ne m’a pas empêchée d’y rectifier deux ou trois petites choses ce matin.
Du genre :

- Finalement, je vais pas prendre ce t-shirt… Euh... ben il n’y était déjà pas.
- Qu’est-ce que je pourrais enlever pour que ça fasse moins lourd ? … Ben, rien en fait.

Il est 7 heures. Sofy et moi descendons vers la gare en roulant allègrement sur la chaussée (les quatre roulettes bidirectionnelles c’est génial, mais à condition qu’il n’y ait pas trop de descentes, ni de trottoirs), et décidons de passer par l’entrée principale pour profiter de l’ascenseur. Pas de bol, l’ascenseur ET l’escalator sont en panne. Vive la SNCF, toujours à la pointe de la technologie. Non, sérieux, à quoi ça sert de faire rouler un train à 300 Km/h si on ne peut même pas monter sur le quai sans se taper une volée de marches d’escalier en portant une valise qui pèse en âne mort ? (pour ceux qui auraient du mal avec le language imagé, non, je n'ai pas tué d'âne, et je n'en ai pas mis non plus dans ma valise. C'est une expression) Allez, c’est pas grave, c’est la mise en jambes.

A la gare St Lazare, nouvelle volée de marches, en descente cette fois. La gare est en travaux depuis 3 ans. C’est pas aujourd’hui qu’ils vont nous remettre des escalators qui fonctionnent (Note de l'auteur : les nouveaux escalators tout beaux tout neufs sont enfin entrés en service en octobre de la même année).

Nous utilisons nos billets achetés la veille et compostés le matin même pour entrer dans le RER. Sofy passe dans le sas, ressort de l’autre côté. J’entre à mon tour … BZZZZZ !
- Quoi ? Mince, croix rouge.
Je ré-essaye... Ben non, je suis coincée. Et là, j'utilise ce qu'on n'aimerait jamais avoir à utiliser, parce qu'on passe toujours pour une truffe dans ces cas-là : LE bouton rouge, aka "le bouton d'urgence". Un contrôleur apparaît soudain devant mes yeux ébahis :
- Vous avez passé votre billet dans le valideur ?
OFF : "Non, gros béta, j’ai préféré essayer de jouer les passe-muraille avec ma grosse valise et mon âne."
- Oui, mais il dit qu’il est invalide, dis-je en lui tendant l’objet du supposé délit (supposé pour lui, parce que moi, je suis en règle. J’ai juste pas de chance avec mes titres de transport, en ce moment).
- Vous venez d’où ?
- Asnières.
OFF : "Même que c’est écrit dessus. Si j'avais voulu gruger, tu crois pas que j'aurais pris un trajet moins cher?"

Le contrôleur doit bien se rendre à l'évidence, j'ai pas eu envie de tricher, ce matin. Il finit donc par m’ouvrir en me faisant la leçon :
- Il ne faut pas les tenir à la main, ni les mettre près d’un téléphone.
- Il était dans ma poche, et mon téléphone dans mon sac, Monsieur. C’est pas ça le problème.
OFF : "Et si je le tiens pas à la main, comment je fais pour le passer dans le valideur ? Hein ?"
Heu … juste une question : Je vais à l’aéroport Charles de Gaulle. Je vais pouvoir ressortir quand même, avec ce billet ?
- Il vous faudra une contre-marque.
- Et … Je la demande où ?
OFF : "Oui, parce que là, je suis de l'autre côté de la barrière, par rapport au guichet. Il ne croit quand même pas que je vais ressortir et prendre un autre billet pour entrer, non ? (D'accord, je suis "un peu" de mauvaise foi. Mais juste un peu)"
Ne trouvant rien à redire, très serviablement, le contrôleur va donc jusqu’au guichet et me ramène deux contre-marques : une pour sortir à Magenta (changement de RER), et une pour la sortie à CDG. Merci Monsieur, c'est toujours un plaisir de discuter avec la RATP.

Bon, finalement, je n’en ai pas eu besoin à la connexion Magenta – Gare du Nord, parce qu’on ne sort pas du RER.
Et puis je n’en ai pas eu besoin non plus à CDG, parce que le portillon à côté de l’ascenseur était ouvert.

Quelques textos échangés avec H plus loin (TROP déçue, de ne pas venir avec nous. Mais que voulez-vous, c’est la vie, on assume ses choix), nous retrouvons Mp et Lolotte dans le terminal 2E, où il faut bien le dire, règne une énorme pagaille. Nous nous enregistrons aux bornes, puis nous nous mettons dans la file d’attente pour le dépose-bagages. Et là, l’angoisse nous étreint : avec Sofy, nous avons mis les affaires d’équitation dans un sac à part, qu’on espère mettre en soute. Mais peut-on avoir plusieurs bagages enregistrés ? Ca n’a pas l’air de trop gêner le monsieur de la sécurité qui nous interroge. Mp, en VIP, est passé toute seule avec sa collègue. Nous, nous avons droit à un interrogatoire groupé, où nous devons toutes répondre. Il paraît qu’on secouait toutes les trois la tête en même temps, pour répondre à ses questions, et vu de loin c’était très drôle. Interrogatoire ou interrogation orale ? Soudain, après une réponse collégiale, le monsieur se tourne vers Lolotte :
- Quelle était la question ?
OFF : "Hou là ! Prise en flag', Lolotte !"
- Euh… Avez-vous préparé vos bagages vous-même ?! répond-t-elle toute rouge de confusion, pensant dans le même temps : "Pfffff ! Heureusement que je suivais !"

C’est bon, on a passé le premier contrôle, on peut amener nos bagages au guichet… Sauf que moi, j’ai pas de petite étiquette "sécurité" sur mon passeport. C’est normal ? J’en ai marre d’être toujours LE cas particulier. Mais bon, je décide de ne pas m’en faire. On verra bien à l’étape suivante. Et au guichet, ça passe. Par contre, le petit sac des affaires de cheval, il ne passe pas. Il va falloir le garder avec nous sous peine d’excédent de bagages. Vite, enlever le pot de graisse à cuir et les éperons pour les mettre dans ma valise ! Parce que ça, ça n'entrera jamais en cabine et ça risque de finir dans une poubelle.

Et voici le quarté dans l’ordre :
- Mp : 16 Kg
- Lolotte : 14,8 Kg
- Sofy : 16,8 Kg
- Marion : 21 Kg

Yessss ! Pour une fois, je remporte la palme (3 semaines de voyage + des éperons + une valise déjà lourde à vide : J'avais quand même mis toutes les chances de mon côté).

Entre-nous, je ne vois pas l’intérêt de faire un enregistrement automatique puis un dépose-bagages qui prennent autant de temps qu’avant, surtout si c’est encore plus le bordel dans les files d’attente. Mais bon, c’est ce qu’on appelle le progrès, paraît-il.

 Etape suivant : la police.
- M…… ! On a laissé les cadeaux dans le petit sac !
Oui, avec Sofy, on a prévu un beau dessous de plat camarguais en fer forgé pour nos hôtes du ranch. Ca passera, ça ? Pas sûr. Bon allez, on stresse pas, on verra bien.
Lolotte, elle est au taquet : le petit sachet avec les liquides ? OK, sorti. Il faut enlever la ceinture ? Ca y est, c’est fait. Les chaussures ? … Hey, attends, on a encore au moins une dizaine de personnes devant nous !

C’est Sofy qui se charge du sac cheval. Et la dame du scanner l’a trouvé très joli vu de dessus, notre dessous de plat. Quant à moi, j’ai décidé de ne pas me presser : tranquillement, je sors le netbook, le sachet « liquides », la ceinture, l’appareil-photo… Je passe … ça sonne. Mes chaussures ? Pas de problème. Je repasse sans les chaussures. Ca sonne. Allons-y, petit palper… Comme d’habitude. Ca va, je commence à connaître le rituel.
Et je récupère tout aussi tranquillement mes affaires, en prenant mon temps pour tout ranger. Y’a pas de raison. Je suis zen. Par contre, j’ai faim, et là, ça commence à urger, parce que j’ai pas déjeuné ce matin.

Malheureusement, le Terminal E c’est celui des boutiques de luxe : Cartier, Longchamp, Prada, Hermès, etc… Et côté restauration, ce sera le chocolat chaud à 3,95€. Mais bon, j’ai faim.

P1010090Malgré toute notre avance ce matin, il ne reste qu’une demi-heure avant le décollage, lorsque nous arrivons devant la porte d’embarquement. Entre-temps, Lolotte a tout de même trouvé le moyen de récupérer L'Equipe (elle est trop forte Lolotte : elle dit qu'elle aimerait bien trouver L'Equipe, et pouf! L'Equipe tombe du ciel à ses pieds. Elle a une connexion avec Dieu, c'est sûr!)
Ca y est, cette fois c’est parti. Avec une demi-heure de retard. L’avion est un Boing 767 de Delta Airlines. Et devinez-quoi ? mon siège penche ! Heureusement, Sofy MacGyver est là : les deux revues de la compagnie sous le côté droit, et le tour est joué ! Ca va bien se passer, on vous dit. Nous voilà parties pour 11 heures de vol et 8 heures de décalage horaire.

Salt Lake City, nous voici !

P1010100Côté Delta, pas grand chose à redire : service et nourriture très corrects, il faudrait juste que les hôtesses améliorent leur français, parce que là, c’était vraiment… euh… cheap !

Nous atterrissons sous un grand soleil, avec enfin des températures estivales. Le temps de sortir de l’avion et de passer aux toilettes, et nous sommes les dernières à nous présenter au contrôle d’immigration. Sofy et Lolotte passent avec un agent qui leur souhaite de bonnes vacances en français, Mp tape la causette avec un autre qui est allé au Salar de Uyuni. Quant à moi, la première chose qu’il me demande est :
- Pourquoi vous allez à Wendover ? Y’a rien là-bas !
- Ben euh…
OFF : "Comment je vais expliquer ça, moi ? Parce qu'en fait, j'en sais trop rien : MP a fait le parcours, et j'ai pas eu le temps de réviser."
- Pas de panique, je suis pas méchant.
Heureusement on en a ri tous les deux. Puis il me demande où nous allons ensuite :
- Moab.
- Moab ? Mais c’est à l’opposé !
- Cherchez pas. C’est la copine qui a fait l’itinéraire. Elle devait bien avoir ses raisons.
- A Wendover, vous pourrez aller parier (oui, y’a plein de casinos, côté Nevada).
En tout cas, ils sont drôlement sympas, les agents de l’immigration, ici.

L’aéroport de SLC est plutôt petit, donc pas de soucis pour trouver notre loueur de voiture. Par contre, l’Aveo, ça risque de faire un petit, non ? Après concertation, nous décidons de prendre le modèle au-dessus : une Ford Fusion dont nous prenons rapidement possession au garage. Après plusieurs tentatives, nous finissons par trouver le bon agencement pour les valises dans le coffre. Bon ben, heureusement qu’on a pris la taille au-dessous! La légende qui dit que de toute façon, toutes les voitures américaines sont immenses a vécu.

Bon, allez,IMG_4122 qui s’y colle ?
Finalement, c’est moi. Dix minutes pour trouver les bons réglages, se remémorer comment on conduit une automatique, et c’est parti pour 110 miles d’interstate vers Wendover (même si y’ a rien, là-bas).

- Oh ! Un camion Air Liquide !!!
Ca, c’est fait…

Nous passons à côté du Grand Lac Salé, puis traversons des paysages bien désertiques, où le sel remonte à la surface. Peu avant Wendover, nous nous arrêtons au Salar de Bonneville, une vaste étendue salée qui nous rappelle bien Uyuni, le temps de quelques photos cons… et de bien dégueulasser mon jean propre de ce matin (le sel, ça laisse des traces). Et puis il fait chaud, mais c’est pas grave. C’est l’été.

P1010103 P1010104 P1010110 P1010113

Wendover, c’est bien paumé, comme coin : une route, quelques maisons, des hôtels, et après la frontière Utah/Nevada, plein de casinos. Et le supermarché, il est où ? Après le cow-boy, nous dit la réceptionniste. Ok, et si on allait faire quelques courses ? Parce que là, il est 19h (3h à Paris), et la fatigue commence à se faire sentir. Alors ce sera repas dans la chambre. On verra le reste demain.

La question existentielle du jour : ça veut dire quoi, EEE ?


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25 décembre 2011

Réchauffement climatique - J02

Mercredi 27 Juillet 2011

J’ouvre un œil : 4 heures. Je crois que je vais pouvoir en profiter encore un peu. Et hop ! Phase 2 jusqu'au réveil de la troupe. Le jetlag ne m'aura pas. Nous sommes tout de même toutes réveillées assez tôt, ce qui va nous permettre de partir avant la grosse chaleur du jour.
C’est marrant, je crois que j’ai rêvé que je demandais si je pouvais éteindre la clim, et qu’on me répondait de la laisser. Du coup, dans un demi-sommeil, j’ai été récupérer la couette.

C'est à des petits détails, finalement, qu'on reconnaît qu'on est aux USA : il y avait de la cannelle dans les cookies du petit déjeuner, et il y en a AUSSI dans le yaourt vanille. Ah non, mais là, ça va pas être possible !

L'effet cannelle passé, nous sommes parées à partir vers 8h20, après avoir essayé sans succès un nouvel agencement des bagages dans le coffre. C’est qu’aujourd’hui, nous avons pas mal de route à faire, jusqu’à Moab. Pour l’instant, il fait un beau soleil, et particulièrement bon. Lolotte se glisse au volant, et nous reprenons l’interstate 80 dans l’autre sens, pour très rapidement prendre la sortie menant au speedway de Bonneville. Il s’agit d’une vaste étendue sur le Salt Flats (le salar en anglais) où se pratiquent régulièrement des courses de vitesse. P1010051C’est là en particulier qu’ont été battus plusieurs records de vitesse à quatre roues (Vincent Perrot, si tu me lis ...). P1010053La route désertique passe au milieu de vastes étendues blanches sans végétation. Il n’y a que nous, et … nous. Ah si : au loin, des phares. Très, très loin. Ca inquiète un peu Lolotte. On se croirait dans « Duel ». Et puis la route s’arrête là où commence la piste de vitesse. Le temps de faire quelques photos et d’admirer le silence qui règne là, et nous repartons dans l’autre sens pour récupérer la route. Au loin, dans le rétro, une camionnette se rapproche de nous. Mais d’où sort-elle ? Il n’y avait rien, là-bas (il avait raison, le gars de l’immigration).

J02_Wendover_Moab_lavandesRepassant par Salt Lake City, nous bifurquons ensuite vers le sud sur l’interstate 15, traversant de larges zones industrielles. Petit à petit, le paysage change, pour laisser la place à des étendues un peu plus vallonnées, moins salées, mais toujours aussi pelées, ainsi que des cultures, parfois. Je crois que j’ai un peu piqué du nez, moi. Et pourtant, c’est beau !P1010064
Nous nous arrêtons vers 12h45, à Scipio, minuscule bled sur la route 50,  dans une station service, pour déjeuner à l’ombre du mur du Subway du coin. Parce que l'ombre, ici, c'est rare et précieux, et donc ça coûte cher. Alors un subway, c'est mieux que rien. Au menu, bagels et cream cheese. Et oui, c’est ça, l’Amérique.

Scipio, c’est un peu l’Amérique profonde : deux stations service, quelques maisons, et pas grand chose, si ce n’est des ruines de station service et de grange qu’on croirait sorties d’un film.
P1010065A partir de là, la route va nous emmener à travers de superbes paysages changeant, que l’on n’aurait pas imaginés, avec pour point d’orgue, l’arrêt sur l’aire de Castle Valley, dominant une magnifique plaine noire, rouge, jaune et verte sur fond de ciel d'orage. Et le petit air qui souffle, annonciateur de pluie, n'est pas déplaisant.
Alors là, je m’interroge : est-ce qu’il y a des serpents, par ici ? P1010086Parce qu’avec Lolotte, ce matin, en lisant les guides, on s’est fait un peu peur : tarentules, veuves noires, et huit sortes différentes de serpents. Il n’empêche que le paysage valait bien cet arrêt. Presque digne du grand canyon, et pourtant aucune carte, aucun guide ne le mentionne.

Nous en profitons pour faire un peu de shopping : un petit bracelet indien chacune, pour faire marcher l’artisanat local. En tout cas les filles, pour l’instant on est vernies : pour chaque arrêt non prévu, un superbe spectacle nous attendait. Qu’est-ce qu’on fait ? On s’arrête encore au suivant ?
P1010104Sur le suivant, il faut bien le dire, même si c’était joli, on a été un peu déçues. Le spectacle n’était pas aussi grandiose. Et puis on y a retrouvé les indiens qui venaient de plier bagage sur l’aire précédente.
Au loin, le ciel est bien couvert, et il paraît qu’il y a même des éclairs. Oui enfin moi, il suffit que je tourne la tête de l’autre côté pour que les éclairs fusent là pù je ne regarde plus. Donc j’ai à peu près tout manqué. Sur la route, le temps se gâte, la température chute, et Sofy est en train de se dire que pour la piscine ce soir, c’est probablement mort. A force de lui rabâcher que c’est à Moab qu’on aura le plus chaud, elle avait fini par y croire ! D’ailleurs, nous arrivons sur Moab avec un temps plus que couvert. Et en ressortant de chez le prestataire chez qui nous avons réservé la balade en 4x4 et le rafting, ce sont carrément des bourrasques de vent qui nous accueillent. Il y a de la tempête dans l'air. Mais comme on ne se laisse pas décourager aussi facilement, nous reprenons illico la direction du Arches National Park pour acheter notre pass. OK, alors là, c’est sûr, on va s’envoler ! En plus il commence à pleuvoir. Et pour couronner le tout, les randos avec le ranger, c’est complet. Ca y est, Sofy est gelée, moi je ne vaux guère mieux. Y'a plus de saisons, ma bonne dame !
Il est plus que temps d’aller nous poser à l’hôtel. Tiens, côté chambre aussi c’est le frigo.
Après avoir planifié notre journée du lendemain, je reprends le volant à la recherche du supermarché pour le pique-nique. Et là, dans les allées, ça ne parle quasi QUE français.
C’est nul : à Moab, y’a que des français.

Laissant une Sofy crevée et frigorifiée à l’hôtel, Mp, Lolotte et moi décidons d’aller dîner au Buck’s Grill House tout à côté, un sympathique restaurant où on nous propose gentiment de choisir notre table, après nous avoir prévenues qu’en terrasse, on risquait d’avoir quelques bêtes qui piquent. Alors merci, mais sans moustiques, mon burger, s’il vous plaît.
Dans le hall, une immense tête de longhorn nous regarde du haut de son mur. Et il paraît que le maître d’hôtel ressemble à un acteur, mais on n’a toujours pas identifié lequel.

Petite leçon de choses :
- Saignant se dit « rare »
- Bien cuit se dit « well done »
- « sirloin », c’est la bavette
- et « chuck », ben c’est le mâle, mais on n’a pas identifié de quoi. Ceci-dit, quand on connaît Chuck Norris, on aurait pu s’en douter…
Un petite glace pour faire passer le tout, et il est temps de rentrer pour être en forme demain.

Les questions existentielles du jour :

- C’est quoi, la potasse ? Ou plutôt, ça sert à quoi ?
- Potash : une autre façon de dire pétasse ?
- 89°F ça fait combien en Celsius ?
- A force de descendre, on va bien finir par arriver quelque part, non ?
- Ah bon? Pour savoir qu’un nombre est divisible par trois, il suffit que l’addition de ses chiffres le soit aussi ? (Par charité chrétienne, je ne donnerai pas le nom.)

Le film à revoir (ou pas) : Duel

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27 décembre 2011

Ils sont partout, ces français... - J03

Jeudi 28 Juillet 2011

     Réveil à 6 heures. C’est qu’il faut se lever tôt pour profiter au maximum du parc de Arches, et surtout espérer ne pas trop souffrir de la chaleur. Nous descendons au petit déjeuner en passant par la piscine, à défaut d’avoir trouvé le chemin par l’intérieur de l’hôtel.
L’hôtel Archway Inn est plutôt classe, quand on voit la chambre… jusqu’à ce qu’on arrive au petit déjeuner : assiettes en carton et couverts en plastique, tout de suite, ça casse le mythe.

P1010109Le soleil vient de se lever (encore une belle journée...) quand nous partons pour Arches National Park. Il fait encore frais, et nous traçons directement vers le bout de la route, 25 km plus loin. Notre destination, Devil’s Garden, d’où nous partons pour une randonnée de 4 heures. Les recommandations disent : 4 litres d’eau par personne et par jour… Euh… Ca fait quand même un peu beaucoup, non ? Au début, le chemin est assez tranquille, d’autant qu’il y a pas mal d’ombre.  Ce qui n'empêche pas Lolotte et Mp de sortir les super bobs Skoda et Cochonou. Ca y est, elles sont un mode "Supporter du Tour de France". Le seul hic, c’est qu’on croise quand même beaucoup de français. Mais bon, on va faire avec.

P1010126Premier stop photo à Landscape Arch. Même si on n’a pas attendu pour commencer les photos, ni même les photos cons. Et il ne faut pas se leurrer, vu les paysages, ça va être une orgie de photos, et la misère à trier au retour !
Landscape Arch n’est plus accessible depuis qu’en 1991 une partie est tombée après un grand "crrrrrrrack" et a failli assommer quelques randonneurs. Depuis, l’arche est particulièrement mince, et le reste peut tomber à tout moment (Oh oui ! S'i vous plaît ! Un petit peu de spectacle ça serait sympa !).
P1010130Juste après sur le chemin, il y a le premier passage difficile. Plutôt impressionnant vu d’en bas : les rochers forment une sorte de long dos rond, pas très très large, avec des à-pics de chaque côté. On se demande bien par où on va pouvoir monter. P1010133Apparemment, les gens qui arrivent dans l’autre sens se demandent aussi par où ils vont bien pouvoir descendre ! Finalement, ils passent les premiers, nous montrant que c’est tout à fait praticable. Mais il vaut quand même mieux ne pas trop regarder sur les côtés. Dire qu’il va falloir passer par là au retour… Le chemin continue entre descentes et montées, et quelques passages de chèvre, dans un paysage magnifique. Devant nous, une multitude de cheminées des fées en roche rouge toujours arrondie et lisse (polie par le temps et les éléments, bien sûr), puis au loin, de grandes plaines. L’immensité a bien un nom. Lolotte s’attend à tout instant à y voir surgir la compagnie de l’anneau traversant le marais des morts. Moi j’y verrais plutôt de grands troupeaux de bisons et des indiens qui guettent.

Arrivées à un croisement, nous bifurquons vers le point de vue sur Black Arch : au loin, dans la plaine, une arche naturelle devant un mur noir. On dirait même qu’il n’y a que le mur. Pas très impressionnant. P1010145OK, on va plutôt continuer sur Double O Arch. Encore quelques passages de chèvre où il vaut mieux ne pas être sujet au vertige, puis se révèlent enfin à nos yeux ébahis les deux arches superposées. Avec Sofy, nous décidons de rester sur ce point de vue : P1010151on est bien là. On y voit bien, alors pourquoi bouger ? Non, je ne suis pas fainéante, mais je connais mes limites. Mp et Lolotte, en vraies aventurières, décident de descendre jusqu’aux arches. En les attendant, on fait une pause water and cookies. Ce qui attire d’ailleurs un petit écureuil curieux. Ou gourmand, au choix. Malheureusement pour lui, peureux aussi : mon flash l’a vraiment fait fuir. En attendant, nous admirons les différents styles parmi les marcheurs qui descendent jusqu’aux arches : il y a ceux qui comme nous cherchent le meilleur passage et descendent parfois sur les fesses (technique infaillible), et puis il y a les vrais cabris, et là, à côté, on se sent vraiment tout petit.

Au retour de Mp et Lolotte, nous traînons encore un peu dans les parages. On n’y reviendra probablement pas, alors autant en profiter. On refait aussi un sort aux cookies : quand j’ai demandé si quelqu’un en revoulait, Lolotte a poussé un cri du cœur qui a fait se retourner un marcheur qui passait par là, et nous a fait remarquer que « cookie » c’était valable dans toutes les langues ! P1010156Et oui, il y a des choses importantes comme ça qui sont universelles ! Le monsieur était ma foi bien sympathique, même si nous n’avons pas réussi à nous mettre d’accord sur sa nationalité :J03_Moab NavarroArch québécois à cause de l’accent ? Sauf qu’il avait l’air de parler une langue proche du hollandais avec d’autres visiteurs. Hollandais, donc ? Belge peut-être. Bon, assez tergiversé, il est temps de rebrousser chemin, en prenant bien garde de passer entre les kairns (ou  "kairn" en anglais). C’est que le soleil tape dur, maintenant, et il va commencer à faire faim. Mais bon, comme on est des dures (qui connaissent néammoins leurs limites), nous faisons quand même le détour par Navarro Arch et Partition Arch. P1010194Le seul problème, c’est tous ces touristes qui restent plantés au milieu alors qu’on essaie désespérément de prendre une photo… Oups ! désolée, j’avais pas vu que j’étais devant. Au deuxième passage, Black Arch est plus ensoleillée et se distingue beaucoup mieux. Puis revoilà notre passage difficile, magnifiquement descendu par toute l’équipe sur les fesses.

Arrivées en bas, il fait très très soif. Et faim aussi, maintenant. Nous cherchons donc un coin à l’ombre pour pique-niquer : une branche d’arbre à côté d’une table, comme ça dès que les allemands se cassent, on peut récupérer la place… que nous partagerons ensuite avec des italiens qui nous donnent quelques conseils pour la visite de l’après-midi.

Cet après-midi, ce sera donc the Windows Section, un concentré d’arches naturelles sans trop de marche à pied.  Ni d'écran bleu hormis le ciel (blaque d'informaticien. Désolée). P1010196Parce que vue la chaleur,  on ne tiendra pas deux rounds. D'ailleurs, Sofy était à deux doigts de renoncer. Mais c'est une dure elle aussi (bien qu'elle connaisse ses limites). Dans la descente, nous nous arrêtons à quelques points de vue, dont un très joli sur la Salt Valley, ainsi nommée car en des temps anciens, la mer recouvrait l’endroit, et le sel s’y est accumulé, rapidement (au sens géologique du terme : nous, on aurait pu vivre 100 vies qu'on n'aurait pas vu la différence) recouvert par d’autres couches géologiques. Puis l’infiltration des eaux de pluie a fait fondre ce sel, et la couche supérieure s’est éffondrée, formant cette vallée aux couleurs changeantes.

P1010210Enfin arrivées au point de départ de la balade vers les arches nommées South Window and North Window, nous rassemblons notre courage pour braver la chaleur et les lions des montagnes (oui, si on est attaqué par un lion des montagnes, surtout, il faut se défendre, disent les panneaux. Du genre, en tapant de nos petits poings sur leur grosse truffe humide, ça doit marcher. Sûr !). Courageusement, nous grimpons les quelques dizaines de marches qui mènent aux arches. P1010216Ca vaut d’autant plus le coup, qu’il n’y a que sous les arches qu’on trouvera de l’ombre.
Alors, la marche américaine est taillée au cordeau, contrairement à la marche péruvienne ou la marche chilienne (oui, c’est américain, alors ça doit être droit). Mais cela mis à part, c’est aussi pénible à monter que les autres !
P1010226En haut, encore une fois, y’a plein de français. Ils sont partout, ces français ! Mais au moins il y a de l’ombre et un peu d’air, ce qui compensera heureusement le fait que l’eau de nos bouteilles doit bien faire 30°C. Bon, là c’est la fenêtre Nord. Elle est où la Sud ? Il va falloir redescendre un peu et pousser plus loin l’exploration, puis reculer vers la Turet Arch pour avoir une vue d’ensemble des « sœurs jumelles ».
Ah tiens ! Apparemment, il n’y a pas que nous qui faisons des photos cons…

P1010235De retour vers le parking, nous décidons qu’il serait dommage de repartir sans avoir été jeter un œil de plus près à la Double Arch, à 600 mètres de là. Et effectivement, ça vaut le déplacement, même si question eau, ça va être la fin. Bon, Lolotte elle est un peu en mode pilotage automatique, maintenant. Il ne faut pas trop en demander : alors que je voulais faire la photo making off du making off de Sofy (oui, c’est un peu compliqué), elle n’écoute déjà plus, focalisée sur une mini arche, là-bas au loin. Je sais pas, mais elle lui a tapé dans l’œil, celle-là.

Sur le chemin du retour, nous croisons des japonais qui montent, en rang serré, parapluie sur la tête, ce qui donne des idées à Mp pour l’avenir. Vous l’aurez deviné, cet après-midi, il fait TRES chaud. Conséquence : un cri unanime de Sofy et Mp lorsqu’elles se sont assises sur les sièges avant de la voiture. Heureusement qu’avec Lolotte on était moins pressées ! Et oui, quand ça commence à sentir le bacon grillé, c’est déjà trop tard.

La redescente vers le visitor center se fait tranquillou, à la queue leu leu comme au retour de la plage, en essayant de repérer les différents rochers remarquables. Et avec Lolotte, on est douées, à ce petit jeu. On trouve plein de nouvelles formes :
- Tiens, un babouin…
- Mouais. Et là, c’est un poulpe.
- Oui. Ou alors un vieil indien fâché.
- Là, un éléphant. Et un deuxième.
OK, on va éviter de faire analyser ça par un psy, parce qu’on risque d’avoir quelques mauvaises surprises.

Une petite halte au visitor center pour acheter un beau chapeau d’aventurier et quelques cartes postales, et il est temps de rentrer. Avec le temps qu’il fait, on va ENFIN pouvoir profiter de la piscine, ce dont Sofy et moi ne nous privons pas. D’autant qu’il y a aussi un spa ! Cool. Ca c’est un bon hôtel. Un grand merci à l’organisatrice ! Et qu'est-ce qu'il y a dans la piscine ? Des français !!!
Ce n’est que plus tard que je découvrirai les dégâts. J’ai beau avoir mis de la crème, côté coups de soleil, j’ai encore bien chargé.

P1210123Pour le repas, ce soir ce sera un tour à la Fiesta Mexicana, restau mexicain kitchissime d’un point de vue déco, mais délicieux. Le seul problème, c’est que j’ai un peu tendance à parler espagnol plutôt qu’anglais, alors ça donne des échanges assez surréalistes.
Il fait super bon, ce soir, une vraie soirée d’été. Malheureusement, demain on doit se lever très tôt pour la journée 4x4 et rafting. Alors la balade au clair de lune, ce sera pour une autre fois.

La question existentielle du jour : Carole userait-elle d’une poupée Vaudou sur Lolotte ?

Le film à revoir : Indiana Jones et la dernière croisade (tourné sur le parc)

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Ouh la la Day - J04

Vendredi 29 Juillet 2011

     On s’était couchées tôt pour pouvoir se réveiller très tôt… A tel point qu’à 4h15, j’avais fini ma nuit. Oui, c’est quand même plus que très tôt. L’objectif, c’est d’être dans le lobby à 7h15, car le chauffeur de « Tag A Long », l’organisateur de notre journée, vient nous chercher. A propos, aujourd'hui, c'est la journée de Sofy : Mp la lui offre pour fêter sa nouvelle dizaine. Alors nous, forcément, on accompagne. On peut pas la laisser tomber, sur ce coup-là.
Et soudain, alors que nous sommes en train de nous geler sous la clim du lobby, nous voyons débarquer... ZZ Top ! Ou Tom le chercheur d’or, peut-être ? En tout cas, Tom notre guide, barbu, chevelu, avec vieux chapeau de cow-boy et petites lunettes de fer ronde, semble tout droit sorti d’un western. Nous embarquons dans son superbe 4x4 jusqu’au bureau de Tag-A-Long pour régler notre journée et récupérer un jeune couple, français, d’après leurs noms : Camille et Nicolas. Vers 7h30, Tom se remet au volant, et nous voilà partis pour le parc de Canyonlands. Le soleil est à peine levé, mais il commence déjà à faire chaud. Dans le 4x4, Tom nous raconte un peu sa vie … après que Sofy ait fait de même et se soit largement étendue sur l’occitan. Tiens, j’ai appris quelque chose aujourd’hui : il paraît qu’une tribu indienne d’Amérique parle un dialecte proche de notre ocitan. Bon, pour l’instant, je ne sais toujours pas laquelle.

P1010241Peu après l’entrée dans le parc, nous bifurquons sur un chemin de terre, et Tom enclenche les 4 roues motrices. Les choses sérieuses commencent. Et en effet, nous nous retrouvons très rapidement à longer un précipice impressionnant. Comme Sofy, je suis côté paroi, alors pour l’instant, ça va. Quelques minutes plus tard, nous nous arrêtons au « Ouh la la » Point (of view). Tiens, je sens que ça va rester ça. La vue sur le canyon est extraordinaire, vertigineuse à souhait. Devant nous, des falaises à pic, des amas de roche rouge, et en bas, tout au fond, une piste. Il paraît que c’est là qu’on va. Reste à savoir comment on va y arriver.
- Ben, facile tiens, y’a une route.
- Alors si vous appelez ça une route, moi je veux bien manger des betteraves à midi (et Dieu sait que j’aime pas ça !).
Nous ré-embarquons, et là, l’aventure commence vraiment : non seulement la route est vertigineuse (genre route de la mort en Bolivie), mais elle est étroite, pleine d’ornières, et sacrément pentue.
Note de l’auteur : pour une meilleure compréhension, les dialogues sont en version française. Pour la VO, fallait être là.
IMG_4556- Et … le virage pour rejoindre dessous, il est où ? Aaaaaaah. OK.
- Euh… M’sieur, y’a une voiture qui monte. On fait comment ?
- C’est un camion blanc ?
- Oui.
- C’est bon, c’est un ranger.
- Oui, mais ça ne répond pas à ma question : Comment on se croise ?
Facile, il a dit, le monsieur. En tout cas, pendant toute la durée de la descente, Sofy va déployer des efforts démesurés pour maîtriser l’emplacement du croisement avec le gars d’en face. Il faut dire qu’on a même croisé un tractopelle, sur cette piste d’enfer. Heureusement, le plancher des vaches – le vrai, celui où elles peuvent courir dans les prés insouciantes et heureuses, sans risquer le décollement de cervelet – n’est pas loin. Alors maintenant qu’on a découvert de nouveaux muscles dans nos fessiers, on va pouvoir faire une pause technique.

P1010257  P1010261

Vu d’en bas, le spectacle est tout aussi magnifique, mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. A condition d’accepter de nous faire secouer un peu (Oui, c'est toujours un 4x4). Au détour d’une fin de route, voici Musselman Arch. Bon OK, un moment j’ai cru que "l’homme-moule" existait, comme il existe un spiderman ou un batman. D’accord, j’en conviens, c’est bien moins glamour. En réalité, Charlie Musselman est l’homme qui a découvert cette arche impressionnante, que contrairement à toutes celles observées hier, nous découvrons d’en haut, à hauteur de tablier.
P1010277Moi qui croyais faire de l’humour en déclarant à Tom que quoiqu’il arrive, je n’irais pas marcher là-dessus. Le voilà qui s’avant vers ce pont naturel surplombant un précipice vertigineux, et va s’arrêter au milieu du tablier pour les photos. Donc, on peut vraiment marcher dessus ?
… Et les autres de lui emboîter le pas ! Oh My God, je suis avec des cinglés. Et là, que vois-je ? Les copines qui s’approchent et traversent tranquillement :
- C’est bon, tu peux venir, c’est large, ça va.
- Oui mais non.
Pas après pas, je m’avance… C’est vrai que ça se passe plutôt bien. Là où ça se gâte, c’est quand tout le monde s’arrête au milieu pour la photo… Et que, me voyant peu rassurée, les filles me font passer au milieu d’elles. Ca partait pourtant d'une excellente intention. Mais là, impossible de regarder en face Tom qui, sur la terre ferme, se prépare à prendre la photo. Cet espace entre lui et nous m’attire désespérément, ma tête commence à tourner. Je sais que je dois me tenir éloignée de ce vide, mais en même temps, je ne peux pas à cause de l’autre vide que je sens derrière moi. Ce sentiment d'être prise au piège est particulièrement angoissant.Photos US2011 Sofy 174
Aujourd’hui, j’ai découvert une règle fondamentale du vertige : toujours offrir à la personne sujette au vertige une porte de sortie. Se retrouver coincé au milieu des autres ça ne rassure pas, bien au contraire. Devant le vide, derrière le vide. Impossible de passer, de fuir par l’une des deux issues sans se rapprocher de l’un ou de l’autre. Et là, la panique monte, tous les muscles se contractent, le coeur s'emballe et monte au bord des lèvres. Je VEUX partir ! Je savais que je n’aimais pas le vide, mais là, durant ces très longues minutes, j’ai découvert que même si je monte assez facilement à une échelle ou un arbre (compte-tenu, bien sûr, de ma souplesse légendaire), j’ai réellement le vertige.
Une fois libre de traverser et de retour sur le vrai rocher où je ne tomberai que de ma propre hauteur, inutile de dire que j’ai laissé ma vraie nature s’exprimer. Un peu plus, et les wash se remplissaient brusquement et j’inondais la vallée ! Un "Ouh la la" de plus au compteur.

Wash : zone d’écoulement des pluies dans le canyon : sorte de ru qui peut gonfler brusquement et tout emporter sur son passage en cas d’orage.

P1010293Ben nous, les wash, on les traverse en 4x4, en prenant tout de même bien soin de regarder avant à gauche et droite, si une vague n’arrive pas. Le code de la route dit en effet que la vague est toujours prioritaire. Et on ne plaisante pas avec le code de la route.
Bref, nous avons continué à nous faire secouer quelques temps jusqu’à un plateau surplombant le colorado (en fait de coloré, il est bien marron, le Colorado). C’est là paraît-il, qu’a été tournée la scène finale de Thelma et Louise, où elle précipitent leur voiture du haut du Grand Canyon pour finir en beauté. IMG_4613Ben c’était pas au Grand Canyon, en fait. De là, on voit également la montagne de Dead Horse Point où à été tournée la fameuse scène de varappe de Mission Impossible 2. Quant à nous, nous continuons à descendre dans le fond de la vallée, toujours entourés de paysages fantastiques, et découvrons bientôt de grandes piscines bleues. Ce sont les bassins d’extraction de la potasse.
Notre périple en 4x4 va bientôt prendre fin. Tom nous laisse aux mains de notre chauffeur suivant qui, dans un superbe (mais vieux) bus d’école, va nous reconduire au bureau des guides. De là, après avoir laissé la plupart de nos affaires en sécurité, nous repartons vers le départ de la descente en raft. Oh ! Un panneau qui indique « Sandy Beach » ça vous rappelle rien ? Petit fou-rire de circonstance en pensant à notre Franck national. On aurait voulu le faire exprès, qu’on n’aurait pas pu. Le plus dur dans l'histoire, c'est d'abandonner l'espace de quelques heures nos appareils photos pour nous rabattre sur un jetable waterproof. Il va falloir réapprendre à faire de la photo.
- Désolée pour l'absence de photos concernant le raft. Elles seront téléchargées plus tard. -

Moi, Colorado + rapides, ça me fait tout de suite penser à Robert Mitchum et Marilyn Monroe dans « La rivière sans retour », même si on n’aura peut-être pas la même classe, sur nos embarcations pneumatiques. Et puis là, c’est bien joli, mais il commence à faire faim : le petit déjeuner de 6h30 est très très loin, maintenant. Et quand j’ai faim et que je me sens pas bien comme ça, qu’est-ce que je fais ? Je râle (et là, je sais que je vais avoir au moins une oreille compatissante dans le lot de mes lecteurs. Spéciale dédicace). Pas étonnant que j’ai un peu explosé quand, dernière du lot à être équipée, on m’a fait enfiler un gilet de sauvetage mouillé qui puait le chien crevé et la transpiration, et que la bonne femme a serré comme une malade, à me faire péter deux côtes et me couper la respiration, en m’expliquant que c’était pour me sauver la vie. Ouh la la !
- Attends ma grande, si tu dois me tuer avant par écrasement de la cage toracique, c’est pas la peine. C’est pas la première ni la dernière fois que j’utilise un gilet de sauvetage. J’ai quand même un peu vécu avant, et jusque là, j’ai jamais eu à enfiler le corset de Scarlet O’Hara.
En fait, vu comme il me rentre dans les aisselles et le menton, je crois qu’il est réellement trop petit pour moi, ce gilet (le seul à ma taille… le seul qui lui restait, oui !).
Soyons honnêtes, je ne ne suis pas la plus à plaindre : Nicolas et Camille sont aussi de notre canoë, et Camille est un train de faire un malaise. Tout le monde se précipite : « C’est la chaleur ! Vous ne buvez pas assez ! Vous n’avez de chapeau ! » En fait, c’est peut-être bien aussi une petite hypoglycémie, parce que le lunch tarde toujours à arriver. Mais le mot d’ordre restera pour tout le reste de la journée : « Il faut boire. Attention, nous vous surveillons ! ».


Nous embarquons tous avec Mike, un gars tout jeune et épais comme un sandwich SNCF, mais qui manie l’aviron drôlement bien. Oui, parce qu’on fait du rafting sur le Colorado, mais nous on ne touche à rien. Ceci dit, heureusement, parce que là, je vois pas comment je pourrais manœuvrer une pagaie. Je ne peux même pas tourner la tête (ce qui n’a absolument rien à voir avec mes cervicales chroniquement déficientes qui vont beaucoup mieux depuis quelques semaines). Sauf qu’on n’a toujours pas mangé. Paraît qu’on va s’arrêter un peu plus loin pour ça. OK. Passons d’abord le premier rapide. Cinq minutes plus tard, Mike dans un effort surhumain, s’arc-boute sur ses rames et d’un magnifique créneau, vient s’insérer entre deux rafts et accoste sur la plage. C’est donc là que nous allons manger. La grande aventure, dis donc : quelques tamaris pour faire une ombre rare, et un petit speech, le temps que nos accompagnateurs installent de quoi nous restaurer : Ici, c’est propre, alors quand on repartira, ce sera propre : pas de déchets, même biodégradables (la blague classique du randonneur). Tout repart dans des poubelles avec nous. SI on veut faire pee, c’est dans la Colorado, et si on veut faire pooh, il faut demander la caisse prévue à cet effet à Mike.
Au menu, pastèque et tortilla avec en garniture, légumes et beans. C’est bon, mais c’est pas beaucoup pour quelqu’un qui attend depuis 6h30 ce matin. En plus, perso, j’ai pas trouvé ça très très bien organisé. J’avais un peu l’impression d’être en colo (et j’ai passé l’âge), ou d’attendre la distribution quotidienne à la soupe populaire. J’ai connu bien mieux, et tout aussi écologique. Mais bon, on ne peut pas être parfait partout.
Parce que la balade, elle, elle est vraiment chouette : quelques petits rapides histoire de dire qu’on s’est quand même fait mouiller les fesses, des mesas tout autour de nous, dignes de Monument Valley, un guide sympa, du temps magnifique alors qu’on nous avait annoncé des orages. QUe demande le peuple?
Lolotte profite de l’occasion pour plonger la tête dans le Colorado (mais seulement la tête), et essaiera bien de s’égoutter sur nous, mais ça ne marche pas. De mon côté, mon chapeau plaît beaucoup à une libellule portugaise… et nous voilà déjà arrivés. Tandis que je remonte avec Mp et Lolotte qui cherchent et trouvent l’ombre avec un instinct très sûr, Sofy est restée près des rafts. Tiens, mais on dirait qu’elle est dans l’eau… Et oui, se baigner dans le Colorado, c’est pas donné à tout le monde. Qu’est-ce que je fais ? J’y vais ou non ? A Lake Powell, ensuite j’ai regretté de ne pas être entrée dans l’eau, alors tant pis : baskets, short et t-shirt compris, me voilà à descendre la berge qui s’enfonce très vite, et à finir moi aussi par faire trempette dans l’eau boueuse. M’en fous ! Je me suis baignée dans le Colorado !!!
Le temps d’essorer un peu les chaussettes, et les bus sont prêts à nous rapatrier vers Moab. Autant vous dire que ça va être douche directe !

P1010329Bon, les filles, qu’est-ce qu’on fait ? La journée a beau avoir été très dense, nous décidons de ne pas nous en tenir là, et sur les coups de 17h30, nous reprenons les voiture vers Dead Horse Point, voir d’en haut ce que nous avons contemplé ce matin du fond de la vallée. Nous arrivons au moment du coucher du soleil, et le point de vue est extraordinaire. Féérique. Le rouge de la roche ressort bien mieux que le matin même, la température est redescendue et les touristes sont déjà partis. Timing parfait.

Et "Ouh la la !" Qu'est-ce que c'est beau !

Il n’y a plus qu’à rentrer dîner, au restau italien repéré la veille.


Lolotte : Qui veut goûter ma pizza ?
Moi : Moi, je veux bien.
Et alors que j’allais couper un petit bout, la voilà qui cherche à déposer une part entière dans mon assiette ! Mais non ! Ca va pas du tout ! Où veux-tu que je la mette ?
On s’est tant est si bien bagarrées, que la part a fini par tomber à l’envers sur le reste de la pizza. De vraies sales gosses. Bon, finalement, ce resto là, on aurait pu s’en passer.

La question existentielle du jour : pourquoi les œufs ici ont une coquille blanche ?

Les films à revoir :
-    Thelma et Louise
-    La rivière sans retour
-    Mission Impossible 2

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30 décembre 2011

Et l'arche de Noé, elle est où ? - J05

Samedi 30 Juillet 2011

     Aujourd’hui, on n’a pas mis de réveil, on va prendre la journée un peu plus tranquillement. Malheureusement, 8 heures, ce n’est pas la bonne heure pour le petit déjeuner : ça bouchonne un peu devant le grille-pain.
Puis je me mets au volant pour retourner dans Arches National Park. A l’entrée, la Ranger très souriante, nous demande si nous voulons un plan, mais comme c’est la troisième fois qu’on vient, on a déjà tout ce qu’il nous faut. Et là, un cri désespéré de Lolotte surgit du fond de la voiture : « Oui, oui, oui !!!! » Voilà qui fait sourire la Ranger, qui me tend le plan qu’elle avait commencé à ranger (attention, dans la phrase, il y a un mot en anglais et tous les autres en français. A vous de deviner lequel et de lui appliquer la prononciation adéquate).
P1010360Nous avons décidé d’aller faire la petite marche jusqu’à Sand Dune Arch et Broken Arch. On dirait qu’il va faire plus chaud que ces derniers jours, mais peu importe : Sand Dune Arch est encaissé au milieu de parois rocheuses. Le sable rouge est aussi fin et doux que sur nos plages de Méditerranée. Le ciel est constellé de petites boules cotoneuses. Magnifique. Mais bon, on va pas s'attendrir non plus, alors on en profite pour faire quelques photos cons, évidemment. Autant que ce soit à l'ombre, si on doit y passer du temps.
En sortant du canyon, nous bifurquons à droite vers Broken Arch, tout en observant très méticuleusement tous P1010367les trous qui bordent le chemin : d’horribles petites bêtes ne vont-elles pas en sortir ? Du genre à poils ou à écailles et sans pattes ? Mouais, s’il y avait des serpents dangereux, la prudence légendaire des autorités américaines aurait fait planter des panneaux d'avertissement un peu partout. Comme pour les lions des montagnes.
Le paysage est toujours sauvage, moins chaotique qu’à Devil’s Garden, avec un peu plus de végétation, même si elle est très rase, et surtout, beaucoup de sable. Mais le coup d’œil à l’arrivée vaut le déplacement. Nous passons sous l’arche pour continuer sur le sentier, alors que la plupart des visiteurs rebroussent chemin.P1010377 Mais nous sommes des aventurières, nous. Même s’il commence vraiment à faire chaud. - Mais c'est pas grave, parce que Mp et Lolotte, elles ont leur Evian. Oui, de l'Evian ou rien ! -P1010385 En tout cas, ce petit tour nous aura permis de découvrir Tapestry Arch, qui n’est indiqué sur quasiment aucune des cartes.

Puis, épuisées, et commençant à ressentir très fortement la chaleur (ça se voit : plus personne ne parle), nous débouchons sur le camp des camping cars. Il ne nous reste plus qu’à rattraper le bout de chemin qui nous ramènera au parking de Sand Dune Arch. Il est midi. Nous allons encore rester dans le parc pour faire quelques points de vue : Fiery Furnace P1010402(mouais, bof, encore des cailloux rouges, quoi… Ca se voit qu’on commence à être blasées ?), les deux points de vue sur Delicate Arch (on ne sait jamais, en cas d’orage, on pourra pas y monter ce soir), et le tour de Balanced Rock, une masse énorme posée en équilibre sur un python rocheux.
Puis nous redescendons sur Moab pour déjeuner au Moab Dinner. Au menu, poulet, sauce ranch et milkshakes. Depuis le temps que je l’attendais, celui-là ! (le milkshake)

Pour le shopping, on va aller au plus près : le Canyonland Trading Post, à côté du resto, regorge de trucs à touristes. Il y a même des kokopellis marqués « Sedona, Arizona ». Cherchez l’erreur…

De retour à l’hôtel, nous prenons un moment pour récupérer, car c’est décidé, dans une heure on repart pour monter à l'assaut de Delicate Arch, pile-poil pour le coucher du soleil. Sofy décide de rester à l’hôtel. Ses chevilles ont pas mal souffert de la laborieuse traversée du désert dans le sable.
Lolotte, Mp et moi embarquons donc dans notre paquebot sous une chaleur étouffante et de beaux nuages d’orage. Les filles, là je crois qu’on va le prendre, cette fois. A l’entrée, le Ranger a changé, et le monsieur qui vérifie notre pass à un accent chewing-gum à couper au couteau. Il nous propose à nouveau un plan, mais cette fois, Lolotte ne réagit pas : nous sommes vraiment parées.

P1010420Notre première halte sera au point de vue de Park Avenue. Au départ, quand on s’approche, on pense qu’il s’agit juste d’une étendue avec encore des rochers rouges. En réalité, on découvre au dernier moment avec surprise une nouvelle vallée très encaissée, entre d’immenses murs rouges. Le spectacle est une fois de plus grandiose et a encore réussi à nous surprendre. Un peu plus loin, nous nous arrêtons au point de vue de Lasal, qui offre un très beau panorama sur les tours que nous croisons à chaque passage dans le parc : L’orgue, la tour de Babel, les trois commères. Ah, et le mouton, aussi.
Nous en profitons pour observer également l’avancée des orages. Apparemment, il pleut sur Fiery Furnace, et peut-être sur Devil’s Garden. Pour l’instant, ça a l’air de bien se passer du côté de Delicate Arch, mais ça peut évoluer vite. D’autant qu’on vient de recevoir les premières gouttes. Mais ce n’est pas ça qui nous arrêtera ! Quelques minutes plus tard, nous nous garons sur le parking du départ de la piste vers Delicate Arch. Il fait chaud et lourd, mais ça semble un peu plus supportable que ce matin. Nous récupérons nos bouteilles d’eau dans le coffre, quand soudain ! L’alarme de la voiture se déclenche… Comment on arrête ça ??? En plus elle est ouverte. C’est quoi ce bazar ? J’appuie sur tous les boutons d’ouverture et fermeture des portes, mais il va me falloir encore un peu de temps avant de réaliser qu’il y a un bouton rouge sur la clé.P1010437 Gagné ! J’ai dû appuyer dessus par mégarde en récupérant ma bouteille dans la glacière, et c’est bien lui qui arrête aussi tout ce vacarme. Bon, on s’est fait remarquer, mais ça, c’est pas grave : on a l’habitude.
Il est 17h40 quand nous nous engageons sans plus faire attention à tout ça sur le chemin qui passe dans un premier temps par le Ranch Wolfe : une cabane de pionnier datant du début du 20ème siècle, où vécurent John Wesley Wolfe et sa famille. Précaire, minuscule, et surtout perdue au milieu de nulle part. C’était quand même une drôle de vie. Et on est loin de la petite maison dans la prairie.

Pendant que nous attaquons doucement la montée vers cette arche, fleuron du parc, qui semble si inaccessible et nous a quand même bien fait réfléchir sur la stratégie à adopter pour aller la voir, une autre voiture se met à couiner sur le parking. Trop loin pour que ce soit ma clé. Mais soudain, je me sens moins seule !
Il y a pas mal de monde sur le chemin, en montée comme en descente, et le terrain varié n’offre pas de difficulté particulière, même si ça grimpe bien.P1010443 Le paysage change souvent, et c’est vraiment magnifique, malgré les nuages menaçants. Dans un renfoncement, Lolotte en profite pour faire une petite récolte de sable de Arches pour sa collection, en nous demandons de surveiller les alentours. Elle n'a pas l'air tranquille. C'est trop une délinquante, Lolotte !P1010446
Puis nous n’attaquons la dernière partie : un chemin taillé à flan de rocher, un peu vertigineux. Mais ça passe plutôt bien : ils ont eu la présence d’esprit de le tailler incliné vers la paroi, ce qui sécurise un peu le passage.
Et soudain, après un dernier tournant, Delicate Arch se révèle enfin à nous dans toute sa splendeur, posée en équilibre sur un étroit plateau dominant la vallée, derrière une cuvette creusée par l’eau. Il paraît qu’on l’appelle aussi « the cow-boy’s chaps », et c’est vrai qu’elle a bien les jambes arquées de certains cavaliers !

P1010453Par contre, c’est un boulevard ici ! Des marcheurs, des photographes, des mômes qui courent et sautent dans tous les sens malgré la topographie escarpée du lieu et le vent porteur de sable qui souffle en rafales. Miam ! Le sable qui vient se mêler à la transpiration et la crème solaire, c’est un régal. Les bords de la cuvette sont tout de même assez pentus, et il faut faire attention lorsqu’on les emprunte pour rejoindre l’arche. Oui Marion, parce qu’il va falloir aller dessous pour faire la photo. Mouais, pas sûr ça… Une dame à côté de moi semble du même avis. Elle a aussi ce petit problème qui l’a déjà empêchée d'y aller lors d’une visite précédente. Mais là, elle est décidée à ne pas se laisser faire.
Bon, je devrais pouvoir le faire. Lolotte est en position avec l’appareil-photo. Tout doucement, précautionneusement, je descends vers le centre de l’arche. Surtout, ne pas regarder du côté du vide. Rester concentrée sur mes pieds, et ensuite, lever les yeux vers la cuvette et ne regarder que là. Ca y est, la photo est la boîte, je l’ai fait, je suis contente. Vite ! Tirons-nous de là. Je crois que j’ai un peu l’air crispé, mais c’est pas grave. Je suis quand même allée au bout. Mp, elle, a regardé de l’autre côté, et il paraît qu’on ne voit pas le fond. Ben j’ai bien fait de rester sur ma cuvette, moi.

Nous retournons nous asseoir près de l’arrivée du chemin, pour attendre avec toujours un peu d’espoir, quelques rayons de soleil qui viendraient éclairer la roche. Après tout, on est montées pour le coucher du soleil. Mp et Lolotte mitraillent à tout va. Pas facile d’avoir l’arche sans un péquin au milieu (et le péquin le plus pénible, est toujours vêtu de rouge, bien évidemment). Moi, je profite, simplement. Enfin, à condition que ce fichu mal de tête passe. Autour de nous, les photographes patientent, prennent une photo de temps en temps. Lolotte est allée faire un tour et revient sur notre rocher, quand soudain, elle tombe nez à nez avec un objectif en pilotage automatique : oui, Lolotte, tu va être en gros plan sur la photo du monsieur Japonais. Il a beau lui dire en riant que ce n’est pas grave, elle nous pique un sacré fard, notre Lolotte nationale.
J05_Moab_DelicateArchLe ciel a l’air de vouloir se dégager, mais apparemment pas du côté du soleil qui continue de descendre à l’horizon. Heureusement, nous compenserons ce coucher de soleil manqué (comme au Grand Canyon, soi dit en passant), par un très bel arc-en-ciel (double, s’il vous plaît), que peu de visiteurs ont dû voir, en fin de compte. Lolotte et Mp ayant toujours l’espoir que le soleil déchire les nuages et darde un dernier rayon sur l’arche, nous patientons encore, jusqu’à ce que la lumière baisse vraiment et nous ôte définitivement tout espoir. Nous reprenons donc le chemin du retour, dans le jour déclinant. Certains endroits sont particulièrement calmes, et il faut l’avouer, assez flippants de ce fait. Il n’est pas sensé y avoir des lions des montagnes, dans le coin ? Rappelez-vous : si vous êtes attaqué, il faut vous défendre. Un coup de pied dans les roubignoles, un coup de poing sur la truffe, et ça devrait aller. Mais bien sûr… et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d’alu. Bon ben on va faire du bruit. C’est encore le plus sûr moyen des les éloigner.

Ce qui est étonnant, c’est que même à cette heure, il y a toujours des gens qui montent. Pourtant, y'aura probablement pas grand-chose à voir à l'arrivée. Nous croisons une petite famille à qui je lance allègrement un « Hola ! »… Gros moment de solitude, quand je réalise que c’est pas la bonne langue. Mais la dame me répond de la même façon. Ca va, j’ai bien joué, sur ce coup-là.
Nous atteignons finalement la voiture à la tombée de la nuit avec la chance d’être passées entre les gouttes. Au loin,  nous pouvons pourtant voir le ciel s’illuminer en plusieurs endroits, mais les orages semblent plutôt du côté de Canyonlands. Il fait nuit lorsque nous atteignons Moab. Après une journée pareille, ce soir ce sera un bête et méchant repas sur le pouce dans la chambre, mais surtout une bonne douche, parce que là, on a eu droit au pilling gratuit, et maintenant il va falloir se débarrasser de tout ce sable.

La question existentielle du jour : Ca fait pipi un serpent ?

Les films à revoir :
- Les Cheyennes (pour le sable de la Broken Arch Trail)
- 127 heures


31 décembre 2011

Prochain relais dans 400 miles - J06

Dimanche 31 Juillet 2011

     Aujourd’hui, dimanche, jour du Seigneur (on est dans l’Utah, alors on s’adapte), Mp a mis le réveil à 6h15, et c’est plus dur que d’habitude. Et en plus, il faut faire les valises car nous déménageons. C'est qu'on avait fini par s'y habituer, à voyager léger. Dernier petit déjeuner à Moab. Lolotte est en train de se faire un nouvel ami devant le grille-pain : Adam, qui travaille dans l’industrie pétrolière. Il semblerait surtout qu’elle ne sache pas trop comment s’en dépétrer - Et oui, être sympa, ça complique parfois un peu les choses -, alors du coup, elle nous l’amène. Le monsieur parle un petit peu français et nous recommande d’aller ABSOLUMENT à Ouray, au sud de Grand Junction, qui est paraît-il, la Suisse du coin. Oui ben, si on veut voir la Suisse, on ira en Suisse. C’est pas loin de chez nous, ça. Et de toute façon, on a de la route à faire. Bref, on a eu un peu du mal à l’éconduire, le monsieur. Heureusement que la table ne faisait que quatre places !
Quoi, pas sociables ?

Nous chargeons laborieusement la voiture et je la ramène vers l’entrée, tandis que les filles vont faire le check-out. Puis Mp prend le volant, direction la frontière avec le Colorado et Grand Junction. Bye-bye, les terres rouges de Moab ! Bye-bye Utah. See you soon.

P1010485Tout au long des 600 kilomètres qui nous attendent aujourd’hui, les paysages vont changer et nous faire réellement voyager. Nous longeons un bon moment le Colorado et faisons une halte carburant dans la petite ville de Palisade, la patrie de la pêche, si l’on en croit tous les panneaux.
Puis le fleuve se rétrécit pour passer au travers de gorges qui font la joie des kayakistes et des raftistes. Ah ? Ah? Va-t-on en voir un se retourner ? Râté !
Notre route serpente le long de la rivière, et on se demande même si à force, on ne va finir DANS la rivière. Ce qui est sûr, c'est que le Colorado ici est bien moins marron et beaucoup plus clair que quand on a fait la descente. Je parie qu'il est plus froid, aussi. C'est que nous sommes à bonne altitude,
P1010491au cœur des Rocheuses verdoyantes, dont les forêts de sapins contrastent étonnamment avec les mesas arides de l’Utah. On va laisser de côté la route qui mène à Aspen, car voyez-vous, c’est un peu surfait, maintenant. Par contre, si on s'arrêtait faire un petit coucou à Carole ? Quoi, "pas le même" ? Hey ! Toi-même !

P1010496Les stations suivantes aussi ramènent Mp en terrain connu : Beaver Creek, Vail, Winter Park… Et oui, c’est ça, de suivre assidûment le ski à la télé. On est incollable en géographie, ensuite.
- Bon, qui achète un appart ici ? Moi, je viendrais bien skier, l'année prochaine (oui, bien deviné : ça c'est Mp). Hum ! Va peut-être falloir encore bosser un peu plus, alors. Parce que ça doit pas être donné. Et puis le voyage, et tout... OK, l'autoroute arrive au pied des pistes, mais quand même.
Sofy, elle, a craqué pour la piste cyclable. Mais pourquoi y’en a pas des comme ça à Montpellier ???

Nous nous arrêtons 5 minutes au point de vue de Georgetown, une ville née de la ruée vers l’or, au fond d’une vallée encaissée, puis reprenons la route vers Denver. Les montagnes laissent place à la plaine, et bientôt, aux maisons chics des alentours de la capitale de l’état. En sortant de l’interstate, nous prenons la route de Lookout Montain Park, et du mémorial de Buffalo Bill. Un petit pèlerinage s’impose. C’est ici qu’a été enterré ce « véritable fils de l’Ouest » en 1917. P1010507Pahaska Tepee, le chalet érigé sur le site après sa mort pour célébrer son souvenir, est aujourd’hui transformé en coin restauration et boutique de souvenirs. Il porte le nom du "rendez-vous de chasse" que William Cody avait fait construire près de Yellowstone et qui est aujourd'hui un hôtel. En tout cas, je vous félicite pas les filles : y'en a pas une qui a été fichue de prendre Pahaska Teepee en photo (moi comprise).

Enfin, tant pis. Nous en profitons pour aller déjeuner rapidement sous l’œil de verre P1010502des têtes de bisons accrochées aux murs et de l'ours ramasseurs de paniers de hot dogs. Puis, nous ferons un tour jusqu’à la tombe où s’élève une simple stèle.
Le vrai Buffalo Bill n’a pas grand chose à voir avec notre Cody, même s’il en est l’inspiration, mais quand même, on ne pouvait pas passer à côté. D’autant qu’il y a même une stèle posée pour le centenaire du Poney Express. A côté de la tombe, assis sur un banc, un monsieur raconte à ses enfants l’histoire de Buffalo Bill, et il a l’air bien calé sur le sujet. Il faut ruser pour rester à proximité, l'air de rien et écouter sans paraître sans-gêne. Mais si on veut en apprendre plus, le mieux est encore d’aller visiter le musée. Le guide du routard en fait un commentaire positif, même s’il semble ne pas vraiment apprécier le personnage. Après, nous laisserons à chacun le soin de se faire sa propre opinion.

Oups ! N'oublions pas quelques petites photos cons de circonstance :

 P1010509 P1010508 Photos US2011 Sofy 341 Photos US2011 Sofy 343

P1010530Le musée est plutôt bien fait, bien documenté et intéressant, même s’il est fait à la gloire de William F. Cody, dit "Buffalo Bill", pur héros américain. Donc, si on résume la visite, B.B. a été un grand défenseur de l’égalité des sexes, un grand protecteur des indiens, et il n’est pas responsable de la disparition des bisons. Et il avait de beaux et longs cheveux blonds. Presque tout comme notre B.B. nationale, finalement... (Mais non ! J'déconne !)
En tout cas, c'est pas ici qu’on croisera beaucoup de nos compatriotes. Ils sont tous en train de cuire à Zion, Bryce, Grand Canyon ou Monument Valley. Ici, c'est plutôt plein de touristes locaux 100% burger et ketchup.

IMG_4981Après ce moment de culture et d’histoire, un détour par la boutique de souvenirs s’impose. Du kitsch touristique, j’en ai vu, que ce soit en France ou sur d’autres continents, mais là, on atteint quand même des sommets. On est dans le kitsch grande classe : du freesbee en forme de bouse de bison au chapeau de cow-girl rose à paillettes, en passant par le dessous de plat Buffalo Bill. Ca perturbe tellement Sofy, que voulant regarder les petites boîtes à rêve, elle en fait tomber une, et en la ramassant, s’aperçoit que c’est celle portant le nom de "Carol". Ca c’est un signe. Carole, si tu me lis, sache qu’on a beaucoup pensé à toi (mais pas qu’en bien ;-). Il y a aussi du John Wayne à toutes les sauces. Mais là, j’ai beau être fan, ça fait quand même un peu beaucoup. Finalement, je vais rester très raisonnable, dans cette boutique. Ouf, l’honneur est sauf.

Allez, la pause Cody est finie, il est temps de reprendre la route vers notre prochain relais : Wheatland, Wyoming. Pourquoi Wheatland ? Ben pourquoi pas ? D'accord c'est désert, paumé au milieu de nulle part et plein de courants d'air. So what ?
Nous traversons Denver sans en voir grand-chose, non sans avoir une pensée émue pour le Dr Quinn et Sully devant le panneau routier de Colorado Springs.P1010549 Ouais, OK, ça va pas relever notre crédibilité, ça. Mais on s’en fout, on assume jusqu’au bout.
Nous bifurquons ensuite vers le nord en direction de Cheyenne. La plaine et les montagnes cèdent bientôt la place à la prairie, la vraie, celle de Laura Ingalls et de sa petite maison, celle de Danse avec les Loups et des open ranges : des successions de vallons et de collines de faible hauteur et des hautes herbes à perte de vue. Pas un seul arbre, quelques fermes disséminées ici et là. La route, la prairie, et le ciel. Ca y est, j’y suis enfin ! P1010555Les noms qui commencent à apparaître sur les panneaux me sont maintenant familiers : Cheyenne, Laramie… Bon,  c’est aussi une succession de Puits de pétrole, juste après Denver, et un exercice de style pour arriver à les prendre en photo. Parce que nous, ce qu’on veut montrer, c’est l’Amérique, la vraie, pas celle des magazines de tourisme.

Notre relais de ce soir : le Motel 6 de Wheatland. Pas très glamour, mais la chambre est grande, alors ça ira très bien. Après un détour par le supermarché pour le ravitaillement (où Lolotte a encore trouvé moyen de se faire une nouvelle copine au rayon surgelés… Mais pourquoi tu lui tiens la porte, aussi ? Hein ?), nous déposons notre paquetage pour un repos bien mérité après une étape digne du Poney Express.

Et pour ceux qui en viendraient à penser que ça y est, je commence à dérailler. Je vous engage à aller visionner quelques épisodes de l’excellente mais rare série « L’équipée du Poney Express ». Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle n’a pas pris une ride, mais en tout cas, elle reste un monument.

Les films (séries) à revoir :
- Buffalo Bill (avec Joel McCrae et Maureen O'Hara)
- Dr Quinn, femme médecin
- L'équipée du Poney Express

La question existentielle du jour : Y'en a pas. Trop fatiguées.

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16 janvier 2012

Go West - J07

Lundi 1er Août 2011

     A Wheatland, c’est comme à Wendover : y’a rien. Du coup, nous reprenons notre périple à travers la prairie sans fin du Wyoming. Quoique, de mon point de vue, il serait absolument inadmissible de passer aussi près sans aller visiter le plus important témoin de la conquête de l’Ouest : Fort Laramie. Allez savoir pourquoi, cet endroit me fascine depuis que je suis IMG_5021gamine et que j’ai découvert son existence : tout d’abord poste de troc et comptoir de fourrures pour les trappeurs fondé en 1834, il a contribué dans un premier temps à tisser des liens commerciaux et amicaux avec les indiens des plaines. Puis, racheté par l’armée, il a permis de maintenir une certaine paix, tout en servant de dernier point de ravitaillement avant la traversée des terres sauvages aux nombreux émigrants qui s’engageaient sur la piste de l’Orégon. Puis il fut en 1868 le lieu de signature du plus important traité avec les indiens. Ce qui ne l'empêcha pas d'être abandonné par l'amrée et démantelé en 1890 à la fin des gueres indiennes. Un lieu chargé d’histoire sur les bord de la North Platte et de la rivière Laramie, que je vais enfin pouvoir voir de mes yeux. Aujourd'hui, c'est MA journée !

J07_FtLaramie_PoneyExpressAprès une bonne demi-heure de route, nous entrons dans le petit village de Fort Laramie, trou particulièrement paumé de 243 habitants et une voie ferrée. A 3 miles de là, sur une vaste prairie en bord de rivière, s’élèvent quelques bâtiments et un drapeau. Déjà, un premier mythe tombe : pas de palissade, comme dans les westerns, et le terrain occupé est sacrément grand. Tiens, une nouvelle plaque commémorative du Poney Express. Et oui, Fort Laramie fut également une des grandes étapes de la mythique entreprise postale. Ici, le Visitor Center semble plus riche en informations et livres qu’en babioles à touristes. P1010567Ca augure bien de la visite. Seul hic, les moustiques sont aussi de la partie.
P1010583Après un petit film documentaire, chacune à notre rythme, nous entamons la visite des bâtiments. Certains ne sont que ruines, vestiges des beaux jours du fort, mais d’autres ont été restaurés et abritent du mobilier d’époque et des mise en scènes, comme l'immense barraquement de la cavalerie, ou le magnifique bâtiment blanc de Old Bedlam, qui abritait à une époque les quartiers des officiers célibataires. Ici, pas de mannequins : le soldat que je croise dans le bâtiment de la troupe, puis l'épicier au magasin et le garde de la prison sont de chair et d’os (et toujours vivants, pas d’époque) et répondent aux questions autant qu’ils se laissent prendre en photo.
Avec Sofy, nous prenons un bon moment pour faire le tour, nous arrêtant à tous les bâtiments, visitant toutes les pièces, mitraillant de photos. A ce rythme-là, ma batterie a bien failli me lâcher. Mais je gère, j’économise. J’essaie d’imaginer à quoi ça devait ressembler à l’époque, ce que ça pouvait être de vivre là, avec l’activité quotidienne dans les bâtiments, sur l’esplanade de parade et le champ de manoeuvre. Pas évident, même si j’ai beaucoup d’imagination.

P1010581 J07_FtLaramie_1 P1010667 P1010676 P1010687 P1010720

Lolotte et Mp nous attendent déjà au Visitor Center, et là, désolée, il faut que je dévalise ! Bouquins, insignes, reproductions de tasses d’époque… Il y en a pour touts les goûts et tous les centres d’intérêt : les indiens, les soldats, les pionniers, les forts, le poney express (tiens tiens… on continue le pèlerinage, dirait-on).

P1010751Bon, on a pris « un peu » de retard sur notre planning. Il est midi quand nous repartons en direction du Custer State Park, dans le Dakota du Sud. A nouveau, la prairie vallonnée s’étend devant nous à perte de vue. Nous faisons halte sur une aire de repos au milieu de nulle part pour déjeuner et dégottons heureusement une table de pique-nique à l’ombre. Il manque juste un brumisateur pour que ce soit parfait, car la chaleur est étouffante. Mais tout ça est vite oublié quand nous voyons enfin le panneau d’entrée au Dakota du Sud. Ok, on a failli le rater, le panneau, et il a fallu faire demi-tour. C’est que Lolotte, elle y tenait, à la photo de son panneau. Du coup, comme on est revenues sur nos pas, elle a eu celui du Wyoming en prime.P1010754
Petit à petit, le paysage change et la prairie devient un peu plus boisée. Nous entrons bientôt dans Wind Cave National Park.
- Stooooooooooooooooooop ! Des bisons !
Plusieurs voitures sont arrêtées sur le bord de la route pour admirer un troupeau de bisons paissant paisiblement. Photo !
Nous repartons, ravies d’avoir notre photo de bison (on sait jamais, il fallait sauter sur l’occasion), quand ….
- Stooooooooooooooooooop ! Un chien de prairie !
C’est tout petit, alors il ne faut pas le rater. Pour la photo, là, ça va être juste.

P1010769Bon, en fait, il ne faut surtout pas paniquer, parce que contrairement à la marmotte qui met le chocolat dans le papier d’alu mais se planque dès qu’elle voit arriver un bipède, le chien de prairie, lui, s’exhibe (tous les jours entre 15h et 18h, horaires syndicaux). Bref, dès qu’on voit une prairie avec des trous, on peut être sûres qu’une dizaine de ces petites bestioles y galopent, s’arrêtent, se dressent sur leurs pattes arrières et s’appellent. Le spectacle est sympathique.

Pour les bisons aussi, inutile de s’affoler : les suivants sont au bord de la route, à manger dans le fossé, et les suivants, sont carrément SUR la route. Nous avançons donc doucement et prudemment, attentives au fait que « même s’il paraît lent et paisible, le bison est un animal imprévisible qui peut attaquer et courir à 35 miles à l’heure ». Le bison, il ne faut pas le chercher, surtout en été, dit le prospectus. Du coup, je remonte un peu la vitre quand celui à côté duquel nous passons commence à regarder vers moi, Sofy avance au pas, sans se faire remarquer.
P1010775En face de nous arrive une camionnette blanche des rangers qui n’a pas l’air de s’embêter de tant de précautions. Effectivement, le chauffeur ne ralentit pas, et c’est le bison qui se pousse ! OK. Prudence ne doit pas empêcher de rouler.

Un peu plus loin, de nouveaux mastodontes occupent la route, et il y en a même un en train de passer le test de la ligne jaune !

P1010774Ce sont également des daims et des pronghorns qui nous attendent en broutant le long de la route, ou viennent carrément traverser devant nous, car c’est bien connu, l’herbe est toujours plus verte de l’autre côté (d’où la réponse à la question : pourquoi le poulet - ou le pronghorn - a-t-il traversé la route ?).

Nous voilà finalement à l’entrée de Custer State Park, où il nous faut quand même payer 15$ l’entrée, car le pass annuel des parcs ne fonctionne pas ici (Messieurs, un peu d'organisation ne vous désservirait pas). En plus, le Ranger a un accent chewing-gum à couper au couteau. Ca va pas aider. Et là, bien sûr, maintenant qu’on a payé, on peut toujours se gratter pour voir quelque chose. Ah si, quelques ânes sauvages descendant des bêtes de somme utilisées lors des anciennes expéditions dans les Black Hills, que l'on appelle "burros". Le burro américain porte sur le dos la croix de St André, comme son cousin l'âne de Provence. Mais celui-là, il y a fort à parier qu'il n'a pas vu la Durance depuis très très longtemps. Sinon, éventuellement, on peut voir des chèvres des montagnes. Mais d’après la photo, c’est super moche. Et pour les élans, P1010812il faudra repasser, parce qu’il paraît que c’est timide aux heures du jour. On va donc se rattraper sur les paysages, car nous traversons la magnifique forêt des Black Hills, les montagnes sacrées des Sioux. Et quand je dis, magnifique, le mot est faible. Des montagnes, de grands pins et sapin : la balade est superbe, et plutôt originale, avec ses tunnels et ses ponts qui permettent à la route tourner à 360° et donc de descendre plus rapidement. Et au détour d’un virage, soudain, le but de notre voyage apparaît : Le Mont Rushmore et les visages des quatre présidents sculptés dans la roche.

P1010826Il est 18h30 quand nous arrivons enfin sur le parking du monument national. Là, changement de décor radical : des parkings à étages, du béton, et des nuées de touristes. Ce truc-là me faisait rêver quand j’étais petite, mais là, ça n’a absolument rien de sexy. Heureusement, le gigantisme du monument rattrape un peu cette impression. Attention, mitraillage photo en préparation.

P1010833Nous descendons par la Presidential Trail, qui permet de s’approcher au plus près du monument et de voir les visages sous des points de vue différents. Au moins, on aura moins de monde que sur le boulevard en haut. Le travail est impressionnant : les sculptures font environ 120 mètres de haut. Un œil de George Washington fait 33 mètres de large, tandis que son nez mesure 63 mètres de haut. Et tout ça a été taillé à la dynamite et au marteau-piqueur.
Nous arrivons tout juste au studio des sculpteurs, où est expliquée la technique utilisée, quand un éclair retentit au loin. L’orage se prépare, et ça, ça ne rassure pas Lolotte. Il faut dire qu’on est sous les arbres, et c’est bien connu, les arbres pendant l’orage, c’est pas ce qu’on fait de plus sûr comme abri. Tandis que les gardiens du parcs ferment les fenêtres du studio, nous remontons au pas de course par les escaliers, au milieu d’autres visiteurs dont certains ont l’air de regretter la pizza mangée un peu plus tôt. Nous revoilà sur l’esplanade au moment où la pluie commence à tomber. Qu’à cela ne tienne, c’est le moment idéal pour aller faire un tour à la boutique de souvenirs. Là aussi, il y a du lourd en terme de kitsch. Mais aussi du sérieux et du très digne d’intérêt, comme toute l’étagère dédiée aux écrits et à la vie de Laura Ingalls (la vraie). Ca y est, je connais le vrai visage de Charles (quel homme !) et Caroline.

P1010843Incorrigibles gourmandes, Mp et Lolotte ont décidé d’aller tester les glaces vendues à côté, qui avaient l’air très sympas, vues du cornet. Vous remarquerez que je ne me suis pas mise dans le lot des gourmandes, parce que moi, j’ai résisté. Bon, OK, j’ai fini la glace de Lolotte.

Allez les filles, il est temps de reprendre la route pour Rapid City, notre étape du soir. En redescendant, la petite ville au pied du Memorial a des allures du Pas de la Case, avec ses hôtels et ses néons tout le long de la rue principale. Tout y est dédié au touriste. Rapid City, elle, va nous surprendre par sa taille : nous arrivons par le haut de la ville dont les lumières s’étalent dans la plaine. 67000 habitants. Voilà qui va nous changer de Wheatland (surtout le drive-in du Burger King en face de notre fenêtre).

 

Consignes de survie au cas où un lion des montagnes attaque (Source : Tatanka : the 2011 guide to Custer State Park) :
- Gardez les enfants près de vous, ne pas les laisser courrir en avant ou s’éloigner.
- A pied, en vélo ou en jogging, restez toujours avec les autres. Un bâton de marche peut-être utilisé pour se défendre.
- Gardez les animaux en laisse.

- Si vous rencontrez un lion, criez et remuez vos bras ou agitez votre veste ouverte. Essayez de paraître le plus large et le plus effrayant possibe.
- Maintenez le contact oculaire avec le lion, ne vous couchez pas., ne courrez pas, n’approchez pas le lion.
- Lancez les bâtons et cailloux que vous pourrez ramasser sans vous baisser et sans quitter le lion des yeux.
- Portez les jeunes enfants et évitez leur de paniquer et courrir. Et si le lion attaque, défendez-vous !

Je crois qu’on va éviter d’en rencontrer. Ce sera plus simple.


La question existentielle du jour : Y’a des ours ?

Les films à revoir :
- Danse avec les Loups
- La mort aux trousses

15 août 2012

Badlands et bad boy - J08

Mardi 2 Août 2011

     Ca y est, ça commence à devenir un peu plus difficile de se lever le matin... Surtout quand un texto de H fait sonner le portable de Mp à 5 heures du mat’ ! Quoi ? T’as vu une boule de paille et t’as pensé à nous ? Et le jetlag, alors ???

Ce matin, c’est moi qui vais me faire des amis au petit déjeuner. Sauf que moi, c’est des amis utiles et pas collants, même si ce n'est pas Ricoré non plus : alors que je cherche vainement à récupérer mes buns dans le grille-pain, avec la dame à côté de moi, nous commençons à élaborer différentes tactiques. Jusqu’au moment où son mari me montre la pince faite pour ça. Evidemment, ça va aller mieux, tout de suite.

 

P1010858

A 8h30, toute la fine équipe est fin prête pour aller visiter le parc des Badlands. Il n’y a que le temps qui a décidé de nous bouder un peu : il fait nuageux et un peu frais ce matin. Et sous un ciel blanc comme ça, les couleurs ne ressortent guère. Et puis ça a l’air d’être un peu partout pareil, ce parc. En tout cas, pour l’instant, pas un seul français à l’horizon. Trop à l’Est pour les français. Ils ont peur de sortir des itinéraires Nouvelles Frontières, les français. Par contre, il y a des américains collants. Il y en a même un qui a pris Mp pour cible :

- Ma’am ! Ma’am !

Mais Mp, quand elle veut, elle fait très bien la fille asociale qui n’entend pas l’appel du pot de colle qui résonne dans le crépuscule. Sauf que le gars, il n’a pas l’air de savoir interpréter le langage non verbal. Il insiste :

- Ma’am ! What does your T-shirt mean ?

Forcément, sur son T-shirt, il y a écrit "I <3 JD", et le gars il s’appelle JD.

P1010878Les Badlands, c’est plein de bikers (et on ne le sait pas encore, mais on n’a pas fini d’en voir, des bikers).
Il y en a même un qui me demande de le prendre en photo, avec sa bécane en bas à gauche, lui à côté, et les « tas de sable » en fond. Mp qui passait par là, croit que c’est moi qui ai demandé à faire une photo du gars, et la voilà qui s’approche subrepticement pour me pourrir la photo. Heureusement que j’ai été la plus rapide, sinon le gars, il avait une Mp en prime sur la photo super bien cadrée.

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Alors oui, les Badlands, ça ressemble à de grands tas de sable qui s’écrouleraient à la première pluie. En réalité, il s’agit bien de roche formée par plusieurs couches géologiques successives, dont des cendres volcaniques qui se sont solidifiées.

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Tout ça a créé des monticules aux sommets acérés et des canyons aux couleurs changeantes, gris, jaune, rouge. Ces terres font partie de la réserve des indiens Sioux Lakotas et on ne peut pas dire que ce soient les meilleures terres qui soient. D’où leur nom. Il ne doit pas y pousser grand chose à part des serpents à sonnette. Mais finalement, une fois que le temps se lève un peu, ça devient beaucoup plus joli.
Nous passons donc la matinée en faisant le tour des points de vue, avant de reprendre la route de Rapid City.

 

C’est là que j’ai eu un coup de barre. Sitôt passé le volant à Mp, je me suis endormie comme une masse. Et apparemment, je n’ai pas été la seule à planter la clôture.

P1010895Nous avons à peu près toutes fini par ouvrir les yeux au moment où Mp sortait de l’autoroute pour trouver un coin pour déjeuner. Après un essai infructueux, nous nous arrêtons au Sacora Station, un petit restau assez typique, au mobilier de bric et de broc, qui semble être fréquenté surtout par des habitués. Il n’y a pas grand monde, mais bon, c’est 2 heures de l’après-midi aussi. En tout cas, le cadre est sympa, propre, la serveuse accueillante et le repas est excellent. A recommander.
Après cette halte réparatrice, nous reprenons notre route vers Deadwood, haut-lieu du Farwest, là où sont paraît-il nées les légendes et où nous savons en tout cas que l’une d’elles est morte : Wild Bill Hickok. Suite du pèlerinage.

P1010941Je ne m’attendais pas à grand-chose de particulier, en visitant Deadwood, et finalement j’avais bien raison : une rue principale dite historique, où les bâtiments d’époque en côtoient de bien plus récents et pas du tout dans le ton, où les pavés ont remplacé la boue et la poussière, et les bikers les cow-boys de l’époque.

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Ca, des bikers, il y en a, et pas qu’un peu : tous les parkings sont remplis d’énormes motos et la ville résonne constamment du bruit des moteurs. Et autant à Tombstone, les reconstitutions de scènes historiques avaient du charme, autant là, la représentation de gunfigth, sur un bout de rue bloqué par des barrières et des flics est totalement dépourvue d’intérêt. Il ne nous reste plus qu’à prendre quelques photos des bâtiments remarquables.

- Oh! L'hôtel de Seth Bullock !

- Gaffe lolotte. On risque de croiser Al Swearengen.

- Brrrr! Tu crois qu'il a toujours ses cochons ?

- Allez, on va bien finir par croiser Wild Bill...

Oui, parce que à Deadwood il y a, pancartes à l’appui, « l’endroit où Wild Bill a été tué par l’assassin Jack McCall », « l’endroit où l’assassin Jack

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McCall a été jugé pour le meurtre de Wild Bill », « l’endroit où Wild Bill a mangé son dernier repas », etc… Bref, le saloon où il a été tué semble d’époque, même si ce n’est plus un saloon depuis longtemps mais un casino, comme beaucoup d’autres bâtiments du coin.

Tiens, le voilà, le héros local. Il a carrément sa statue à l'entrée de la ville (et il a de jolies bottes). Wild Bill Hickok, de son vrai nom James Butler Hickok, aventurier, marshall, fine gachette, et un fichu caractère. Une photo ! Une photo ! Bon, d'accord, c'est pas Josh, mais quand même ! On ne peut pas partir sans la photo des groupies.

Il restera ensuite à aller voir sa stèle et sa tombe au cimetière du Mont Moriah qui surplombe la ville.

IMG_9662A côté de lui est enterrée Calamity Jane, autre figure emblématique du folklore américain.

De là haut encore, on n’entend que les moteurs vrombissant des grosses cylindrées et à force, ça devient lassant et épuisant.

Un peu déçues, nous finissons notre tour dans la ville par les boutiques de cadeaux très très kitschs là aussi, avant de prendre le chemin du retour vers Rapid City.

A l’hôtel, Sofy et moi descendons au poste informatique de l’hôtel, car on aimerait bien imprimer les infos du dernier mail que j’ai reçu pour aller au ranch. Malheureusement, l’imprimante n’a pas l’air d’avoir envie de nous aider : l’utilisateur précédent a lancé une impression qui sort continuellement des pages avec des caractères bizarroïdes. J’arrive à annuler les trois impressions suivantes, mais sur celle en cours c’est échec sur toute la ligne. Jusqu’au moment où l’imprimante disparaît carrément du gestionnaire ! Qu’est-ce que je fais ? Là, mon instinct d’informaticienne se réveille. Rapidement, je refais une installation de l’imprimante (P… J’avais dit que je bossais pas pendant un mois !), puis lance mon impression : la première feuille sort, puis bourrage… Je hais l’informatique ! On débloque la feuille, et là, rebelotte, caractères illisibles. Bon, ben on va prendre des notes à la main, alors.
20 minutes plus tard, nous pouvons enfin remonter, non sans avoir préparé un petite surprise dont nous avons le secret : c’est bientôt l’anniversaire de Lolotte, et Lolotte, elle aime pas qu’on lui fête son anniversaire. Ce jour-là, en général, elle devient témoin de Jéovah pour la journée. Alors avec Sofy, on a décidé de rentrer dans la chambre en lui chantant « Bon anniversaire » et de lui offrir un beau set de table de la Devil’s Tower, que nous verrons demain (je n’en parlerai donc que demain).

IMG_9670Et comme il est temps d’aller manger et que Sofy, le soir, elle jeûne, avec Mp et Lolotte, on va se trouver un bon petit restau dans le coin (comprenez : la zone commerciale). Nous finissons donc au Red Lobster, restaurant de poisson où nous allons être servies par Britney, une jeune femme joviale et fort sympathique, toute étonnée de voir débarquer des françaises dans le Dakota du Sud. D’ailleurs c’est vrai, ça fait deux jours qu’on n’a pas vu un seul français. Et ça, ça fait du bien. Allez, disons-le tout net, même si le restau fait probablement partie d’une chaîne, les linguinis aux crevettes et homard sont délicieuses. A recommander.

 

La question existentielle du jour : c’est sentimental un biker ? (non parce qu’ils viennent tous voir la tombe de Wild Bill, alors est-ce que c’est leur modèle ? Est-ce qu’ils pleurent aussi, submergés par l’émotion… Je suis pas sûre que je vais aller poser la question).

 Le film à revoir : Deadwood, la série.

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17 août 2012

Fais un voeu ! - J09

Mercredi 3 Août 2011

     Le matin, ça ne va pas en s’arrangeant : Mp qui d’habitude saute du lit dès la sonnerie du réveil, émerge difficilement avec la question redoutée : qui va à la salle de bain ? Lolotte se dévoue. Moi, j’ai mal au crâne au réveil, et ça c’est pas bon signe. D’autant que jusque là, on a été très sages : ni un verre de vin, ni même un petit cocktail.

P1010963Du coup, on démarre de plus en plus tard. Si ça continue, ça va pas pouvoir continuer ! Allez les filles, il est temps de

P1010973reprendre la route vers de nouvelles aventures. Direction Devil’s Tower, Wyoming. Et là, Lolotte, on ne la tient plus. Déjà, elle au taquet pour ne pas rater le panneau d’entrée au Wyoming. Ensuite, elle essaie de deviner la tour dans la brume (comme les gorilles), alors qu’on est encore loin. C'est que c'est SA journée, aujourd'hui. Devil's Tower, elle en rêve même la nuit. A se demander si elle aussi n'a pas reçu "L'appel". Bah, tant qu'elle ne fait pas des tours dans sa purée, y'a pas trop à s'inquiéter. Allez, du calme, on arrive. Ce sera juste après les deux petits arrêts japonais. Voilà l’entrée du parc.

- Oh ! un bureau de poste ! Stooooooooooooop !

Oui, ça fait un peu 8 jours qu’on cherche à acheter des timbres.

Hum ! Quand Mp annonce « 50 timbres pour la France », la postière fait une drôle de tête. Pas sûr qu’elle en ait assez. Du coup, je vais revoir mes prétentions à la baisse. H, il va te falloir patienter encore un peu, ma grande. Et même comme ça, Lolotte ne pourra pas avoir tout ce dont elle a besoin. Il va falloir qu’on trouve un autre bureau de poste. Mais bon, le premier lot de cartes est quand même parti et on a commencé à faire des provisions pour H.

Après un tour à la boutique (forcément !), nous remontons dans notre carrosse pour entrer dans le parc et nous approcher au plus près de la tour. Il paraît qu’ici on peut voir des chiens de prairie et des wapitis. Let’s see.

En attendant, il y a toujours autant de bikers et ça pétarade dans tous les coins.

P1010976La masse de granit qui s’élève devant nous est impressionnante : verticale, avec ses parois raides, ses colonnes aux formes géométriques et son sommet plat, on comprend qu’elle ait pu inspirer légendes et films.

En langue indienne, la tour s’appelle Mato Tipila, le repaire de l’ours. La légende dit que sept jeunes indiennes poursuivies par un ours se sont réfugiées sur un rocher. Elles ont prié si fort pour être épargnées, qu’elles ont été entendues : pour les sauver, le rocher s’est élevé jusqu’au ciel, où les jeunes filles ont été changées en étoiles, formant la constellation des Pléïades. L’ours furieux a laissé les traces de ses griffes sur les parois du rocher.

P1010997En réalité, il s’agit d’une ancienne poussée de magma dans les couches sédimentaires, qui s’est refroidie il y a plusieurs millions d’années. L’érosion a ensuite fait disparaître toute la partie des sédiments, pour ne conserver que la roche dure et ses orgues basaltiques. La tour du diable est le premier site à avoir été classé monument national.

P1010995Malgré quelques petits nuages , nous nous engageons sur le chemin qui fait le tour de la Devil’s Tower, afin de pouvoir l’observer sous ses différents angles. Le site est agréable, les vues extraordinaires, et nous prenons également le temps d’observer les grimpeurs qui ont attaqué les flancs. Bref, ça mitraille dans tous les coins. La forêt alentours, faite majoritairement de pins Ponderosa, est très agréable et il faut prendre le temps de l’écouter vivre. D’ailleurs, il suffit de peu : un écureuil sur son tronc mort et la voix off de Sofy pour faire une histoire à la Tex Avery.

Ah… On dirait qu’il y a du tonnerre dans l’air.

P1011003Heureusement, nous ne sommes plus très loin du parking. De toute façon, on a beau être en forêt et sous les arbres, Lolotte elle ne stresse JAMAIS quand il y a de l’orage. Nous regagnons la voiture sous quelques gouttes de pluie, et quittons le parc en admirant les superbes éclairs au loin et en pensant aux grimpeurs, là-haut sur leurs monolithes. Nous, on est à l’abri et on mange des M&M’S, alors tout va bien.

Direction les monts Big Horn. Lolotte est tout de même un peu déçue de ne pas avoir vu ni wapiti, ni chien de prairie. A ben tiens ça tombe bien, il n'y a qu'à demander. Justement, il y un chien de prairie sur la route… Mais il est mort. Flûte !

Pour faire plaisir à Mp, la pause déjeuner d’aujourd’hui (à 14h passées), sera au Mac Do du coin. Du coin de où, je ne sais pas trop, mais ça reste un Mac Do. En plus gras que chez nous.

P1011013Je prends le volant pour la suite du voyage et la traversée de la Big Horn National Forest et des montagnes qui va nous emmener jusqu’au point culminant de la Highway 16 : Powder River Pass,

P1011020à 9666 pieds d’altitude, soit presque 3000 mètres. Il a fallu en traverser, des kilomètres de forêt épaisse, pour arriver là. Mais ça vaut le coup d’œil, malgré la température un peu plus fraîche. Ici, pas un arbre ne pousse en raison des conditions climatiques difficiles, du froid et du vent. Imaginez s'il avait fallu monter jusque là en chariot bâché !

Bon, Lolotte est toujours déçue de ne pas voir plus d’animaux et aimerait bien voir un wapiti. Ca tombe bien, il y en a un là, sur le bas côté… Ah, mais il est mort lui aussi. A première vue, il s’est pris une voiture et celui qui a cartonné a dû avoir mal, vu la taille de la bête.
Lolotte, faut arrêter les souhaits, parce que ça va mal se finir pour quelqu’un, si on continue comme ça !
Il faut bien l’avouer, le passage du wapiti, malgré le tragique de la chose, nous a valu un bon quart d’heure de fou-rire. Et le fou-rire en conduisant, c’est pas ce qu’on fait de plus pratique. Je pense que demain, je vais avoir des courbatures aux abdos.

Nous redescendons sur l’autre versant des montagnes et traversons des petits bleds bien perdus (pancarte : 31 habitants. Question : ils la changent tous les combien, la pancarte ?). Puis la route se déroule à nouveau à l’infini dans la plaine, beaucoup plus agricole cette fois. Vers l’infini et au-delà… Parfois, des travaux viennent rompre la monotonie : super, la dizaine de miles sur le gravier et la route inégale. On se croirait presque en Bolivie.

Le problème de ce genre de route,

IMG_9782c’est que c’est limité à 65 mph, mais qu’on a très vite tendance à appuyer sur l’accélérateur sans y prendre garde. Oups ! Et là, c’était rattrapé à temps, car 500 mètres plus loin, des gyrophares éblouissants annoncent une voiture de shérif garée sur le bas-côté après avoir arrêté un automobiliste. C’est pas passé loin. La route continue vers l’Ouest et le soleil couchant. Le pare-brise récupère de plus en plus de bestioles et ça devient éprouvant de conduire. D’autant que je ferais bien une pause technique.

Et sans crier gare, la prairie laisse place à la ville de Cody, notre destination du jour : une rue immense, toute en longueur, bordée de magasins et de maisons à l’architecture typique de l’Ouest américain. Nous trouvons notre hôtel, le Cody Cowboy Village, à la sortie de la ville. Pétra la réceptionniste, nous frappe dès le premier abord (au sens figuré) par sa pêche d’enfer. Mais moi, j’aimerais bien qu’elle arrête un peu de répondre au téléphone pour nous donner notre clé et que je puisse ENFIN aller aux toilettes. Ca devient urgent, là… Du coup, c’est les filles qui ont déchargé la voiture. Je ne m’en tire pas avec les honneurs, sur ce coup-là.

P1011031Après avoir admiré la superbe déco western, Mp, Lolotte et moi repartons vers la ville pour aller manger au Buffalo Bill’s Irma Hôtel, établissement fondé en 1902 par William Cody lui même, conscient de la position privilégiée de la ville qu’il a contribué à établir et qui porte son nom, à l’entrée Est de Yellowstone. Un visionnaire, ce Cody.

La déco comme l’ambiance sont vraiment super sympas, et les plats sont tout à fait convenables. Y’a juste qu’il manque un peu de coordination dans le personnel : alors que la serveuse vient de poser devant nous la sauce pour ma salade, la demoiselle qui dessert vient demander si elle peut enlever le plat. Euh… Alors en fait, on n’a pas commencé. Mais merci quand même.

Après le repas, nous faisons encore un petit tour le long de la rue principale, pour admirer les devantures. L’une d’elle attire mon œil : une mini-tente rose avec une poupée à côté. Je n’ai pas pu m’empêcher d’y aller de mon commentaire un brin moqueur :

- Tiens, Barbie fait du camping.

Là, le gars qui passait à côté de nous a bugué : du coin de l’œil, je l’ai vu s’arrêter, se retourner, nous regarder. Continuer, puis se retourner à nouveau et nous lancer, amusé :

- Bonsoir !

Des français, bien sûr… Et bien, je crois qu’il est temps de rentrer à l’hôtel pour un repos réparateur bien mérité.

Oh ! Une biche sur le bord de la route ! Quasiment en pleine ville. Attention, elle vivante, celle-là (je sais pas si elle va le rester longtemps). Alors tout doux.

 

La question existentielle du jour : comment on appelle les habitants du Wyoming ? Les Wyominguiens ?

Le film à revoir : Rencontre du 3ème type

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25 août 2012

Buffalo day - J10

Jeudi 4 Août 2011

     Ca devient de plus en plus dur de se lever. Qui se dévoue, ce matin ? Moi, tiens. Voilà qui est assez exceptionnel pour être noté. D’habitude, il me faut une demi-heure pour émerger. On va passer rapido sur le petit déjeuner, parce que entre le muffin cannelle-banane et le reste, il y a de quoi rester sur sa faim. Malgré cela, la pause au Cody Cow-boy Village a été super agréable.

P1011034Voiture chargée, nous démarrons à 8 heures par la visite de Old Trail Town,

P1011077tout à côté de notre motel. Il s’agit d’un musée en plein air où ont été remontées de toutes pièces des maisons de l’époque far-west, récupérées ici et là dans l’état, afin de préserver ce patrimoine. On peut y visiter une cabane de trappeur, un vieux saloon, la cabane qui a abrité la bande de Butch Cassidy et Sundance Kid, la cabane de Curley, l’éclaireur Crow qui accompagnait Custer à Little Big Horn, une école, un magasin, ainsi que toutes sortes d’objets d’époque : mobilier, manteaux en peau de bison, armes à feu, vêtements indiens, voitures, chariots,… Une mine d’or, ce musée. Au fond, dans un minuscule cimetière, reposent quelques figures célèbres de l’Ouest, dont John « Liver-eating » Johnson, le trappeur qui servit de modèle au film Jeremiah Johnson. Johnson n'est pas mort de la "belle mort" d'un trappeur dans la montagne comme le laisse penser

P1011071le film, mais de façon beaucoup moins romanesque dans un sanatorium de Californie au début du 20ème siècle. Son corps fut ramené à Old Trail Town en grande cérémonie, en 1974. Et ce jour-là, Robert Redford lui-même, interprète de Jeremiah Johnson, porta son cercueil. Excusez du peu.

Comme nous ne pouvons pas quitter Cody sans avoir un peu profité de la ville, nous nous donnons une heure de shopping avant de repartir. Sofy et moi en profitons pour aller acheter LE chapeau de cow-boy dont nous aurons besoin la semaine prochaine. Nous essayons, mais ne sommes pas tout à fait convaincues, jusqu’à ce que la vendeuse vienne nous épauler dans notre quête :

- La taille, c’est pas un problème. Si c’est un petit peu trop grand, on peut mettre une bande à l’intérieur pour l’ajuster parfaitement.

- Le tour ne vous plaît pas ? Nous en avons d’autres : ils sont interchangeables.

- Pas de lanière pour tenir le chapeau ? Mais ça se rajoute à l’envie, pas de soucis.

Et tout ça, bien entendu, en anglais. Jusqu’au moment où la vendeuse me dit en français : « La couleur de celui-ci vous va mieux ».

- Oh ! Mais vous parlez français, alors ???

Oui, j’ai encore un problème pour me décider sur la couleur. J’étais partie sur du noir, me disant que ça finirait en chapeau gardian et finalement, je repars avec du beige.

IMG_5574- Vous voulez le porter tout de suite ?

- Euh… non, sans façon, j’en suis pas encore là. (Oui, iol va nous falloir travailler encore un peu notre cow-boy attitude : c'est pas parce qu'ici le port du chapeau est naturel que ça l'est pour tout le monde).

N’empêche, maintenant, j’ai un vrai Stetson.

Question boutiques, on reste dans l'ultra-kitsch, ici aussi. Ou parfois dans l’étrange, aux frontières du réel : dans une boutique, une jeune femme s’approche avec un plat et plein de petits morceaux de viande avec des piques. Ah, va falloir goûter, apparemment. J’hésite : saucisson de cerf, de bison, et de deux autres bestioles que j’ai préféré oublier. Je fini par choisir cerf, me disant qu’il faut bien essayer. Sofy, elle, s’est bien défilée quand elle a vu l’assiette arriver.

- Oh ! Elk is my favourite too, me dit la vendeuse.

- Ah… Super…

- What do you think about it?

- Euh… Strange…

Allez savoir pourquoi, elle n’a pas insisté. Moi par contre, il m’a fallu un bonbon à la menthe, des M&M’S et quelques cookies pour faire passer le goût.

J’ai également trouvé un très beau t-shirt qui aurait beaucoup plu à Carole, mais ça aurait été de la provoc. Devant :

« PETA : People Eating Tasty Animals »

Derrière : « Toutes les créatures de Dieu sont encore meilleures à côté de mashed potatoes. »

Tout est dit !

Après un tour au WallMart en prévision du déjeuner de midi, nous prenons enfin la route de Yellowstone, tout en continuant à scruter les bas-côtés à la recherche de la vie sauvage. Quand soudain, Mp fait un écart en criant. Elle vient d’éviter un chien de prairie qui traversait. Il est sain et sauf. Ouf ! Tout est bien qui finit bien.

P1011110Nous rejoignons le parc de Yellowstone par l’entrée Est. Immédiatement, ce qui saute aux yeux, ce sont les arbres brûlés à perte de vue, vestiges des derniers grands incendies. ... Et les moustiques aussi. Ca commence. Ca va être la fête aux petites peaux délicates. Ensuite, ce sont les fumerolles un peu partout. C'est qu'on est quand même à l'intérieur d'un super volcan. Si ça pète ...

Nous longeons le lac et dépassons une première aire de pique-nique où s’est arrêté en bus. Trop encombré. Ca nous laisse tout de même le temps d’admirer un aigle qui, à la demande de Lolotte, déploie ses ailes (elle est TROP forte!). Un peu plus loin,  nous trouvons une nouvelle aire un peu moins encombrée, sous les arbres.IMG_5612

Et là, la question de pose : euh… Y’a des ours ici ? Parce que les ours sont attirés par la nourriture. Apparemment, les moustiques aussi. Ils ont senti la chair fraîche. Et ils sont voraces, les moustiques de Yellowstone. La pause va donc être de courte durée. Nous retournons bien vite nous mettre à l’abri dans la voiture. Quelques mètres plus loin, nous sommes ralenties sur la route par les badeaux qui se sont arrêtés pour voir les bisons.

IMG_5619

Nous nous mettons sur le bas-côté et chacune dégaine son appareil-photo, quand soudain l’un d’eux se lève et monte sur la route. Il va traverser sous notre nez. Préparez les objectifs ! Dites voir, il ne serait pas en train de regarder vers nous, là ? OK, alors on va éviter le flash. Curieusement, toutes les vitres de la voiture remontent immédiatement. Plus personne ne bouge, chacune retient son souffle. Mais c’est que … il regarde vraiment vers nous.il regarde vraiment vers nous. Et maintenant, on fait quoi ? Ben on attend. Lentement, le bison choisit sa route : entre notre voiture et celle garée à côté de nous. Et ça fait très près. Vivement qu’il aille voir ailleurs. Loin.

P1011200Nous reprenons la route vers les différents sites de geysers du sud du parc :

P1011143Mud Volcano, Sulfur Caldron, West Thumb Geyser Basin, Biscuit Basin... . Toutes ces couleurs étranges, bleu, vert, jaune, orange, dans des paysages calcinés, c’est magnifique. A part à Mud Volcano où on ne voit que des boues volcaniques, l’eau est d’une limpidité extraordinaire. Ca donnerait presque envie de s’y baigner… Si ce n’était pas si chaud. Des fumerolles s’échappent d’un peu partout autour de nous.

IMG_9867Ca sent le souffre (l’œuf pourri pour les non initiés) et la chaleur est bien présente. Parfois, sur les passerelles de bois, nous avons quelques petites surprises, comme ce bison étendu juste à côté, en train de roupiller (mais qui ne dort peut-être que d’un œil). Courageuses, mais attentives, nous passons à un mètre de lui pour aller voir le site au bout de la passerelle. Ah, et il faut refaire le même chemin au retour. La première qui fait craquer une planche a perdu !!!

A priori, les filles, on va être sur tous les facebook des visiteurs présents !

P1011221

Après être passées par la ligne de partage des eaux (c'est ici que se fait la séparation des deux bassins versants de la région, l'un tombant vers le Pacifique et l'autre vers le Golfe du Mexique), nous nous dirigeons vers le site de Biscuit Basin, où nous allons pouvoir voir de nos yeux notre premier geyser.

Photos US2011 Sofy 840

Roulement de tambour! Jewel geyser ne monte pas très haut, mais explose régulièrement toutes les 20 minutes.

Sur la route vers Old Faithful, nous tombons à nouveau sur un attroupement de voitures. Que pasa ? Encore des bisons sur et autour de la route. Et encore un qui vient nous traverser sous le nez en nous regardant d'un sale oeil. Puis ce sont des wapitis qui squattent les bas-côtés. C'est pas un peu fini oui ?

P1011265

Passé ce grand moment d’émotion, nous retournons donc sur le village de Old Faithful pour faire quelques courses (Mouais, pas top, les boutiques) et arrivons pile au bon moment pour voir l’éruption du geyser de Old Faithful, d’un très bon rapport hauteur d’expulsion / régularité. Dommage que le soleil ne soit plus là et que le ciel soit un peu blanc (Sofy aussi est un peu blanche. Aurait-elle froid???). Dommage aussi que les piles nous lâchent les unes après les autres. On n’aura pas eu de chance avec nos batteries, aujourd’hui.

Il fait presque nuit quand nous quittons le parc - non sans avoir encore croisé quelques cerfs sur la route -, pour West Yellowstone où nous allons nous établir pour deux nuits. La petite ville est vraiment aux portes du parc. Quant à notre motel, le gérant est d’une prévenance sans égal. Nous avons droit à toutes les explications nécessaires et même plus. Et notre chambre ressemble à un palace, avec une cuisine qui fait la taille de mon séjour.

Mais bon, vu qu’il est déjà tard, ce soit ce sera pizza on go.

 

La pensée existentielle du jour : est-ce que les bikers ils ont un foulard (pour la tête) différent pour chaque jour ? C’est bien connu : le biker est coquet.

Les films à revoir :

- Jeremiah Johnson

- Butch Cassidy et le Kid

Posté par belugue à 16:48 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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